Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Sérieux coups de canif à l'accord PS-EELV à Lyon, Gérard Collomb au front 69-01

    LYON, 23 mai 2012 (AFP) - Le maire PS de Lyon pourfendant les "Khmers verts" et défendant un radical de gauche, l'écologiste soutenu officiellement par les socialistes prenant pour suppléante une opposante au maire: l'accord EELV-PS pour les législatives est sérieusement écorné dans la 1ère circonscription du Rhône.

    "Les électeurs sont déboussolés et les militants socialistes ressentent une insatisfaction car la décision nationale l'a emporté sur la décision locale", constate Jacky Darne, premier secrétaire de la fédération PS du Rhône, qui avait alerté de longue date la direction nationale du parti sur les difficultés rencontrées avec les écologistes.

    Les escarmouches en vue des élections législatives ont débuté il y a plus de six mois, avec le maire Gérard Collomb à l'attaque: "Je me suis toujours battu contre les Khmers rouges, je ne plierai pas aujourd'hui devant les Khmers verts" écologistes et leur "terrorisme intellectuel", avait-il lancé, demandant à François Hollande de rectifier l'accord fraîchement conclu entre PS et EELV.

    L'accord a été convenu "en parfaite entente" entre M. Hollande et la première secrétaire, Martine Aubry, assurait aussitôt Christophe Borgel, secrétaire national aux élections. Sous-entendu, sans que les pro-Hollande, tel Gérard Collomb, ne soient lésés.

    La 1ère circonscription du Rhône (plusieurs arrondissements du sud de Lyon), dont le député sortant est Michel Havard (UMP), est réservée selon l'accord à Philippe Meirieu, spécialiste de l'éducation entré en politique en 2010, devenu vice-président du conseil régional de Rhône-Alpes et président du conseil fédéral d'Europe Ecologie-Les Verts.

    Or à la Région, dirigée par le socialiste Jean-Jack Queyranne, les Verts votent toujours "contre la culture, le développement technologique, les pôles de compétitivité, l'université, contre tout ce qui fait l'avenir de l'agglomération", déplorait il y a peu Gérard Collomb.

    "Si le même type de vote se reproduit demain au niveau national, on sera dans une situation particulièrement difficile", avertit l'édile, qui ne craint nullement d'être exclu de son parti et "préfère soutenir" Thierry Braillard, son adjoint aux sports depuis 2001, investi par le Parti radical de gauche.

    Cet avocat, vice-président du PRG, s'était déjà présenté dans cette 1ère circonscription en 1993 et 2007, sous le patronage des socialistes. "Aujourd'hui j'ai le soutien de l'ensemble des élus locaux du PS sur la circonscription, de nombreux écologistes et de la quasi-totalité des militants socialistes", affirme-t-il à l'AFP.

    Il mène campagne comme "candidat de la majorité présidentielle de François Hollande" et prend la pose aux côtés des autres aspirants socialistes dans le Rhône.

    "On gère dans le meilleur état d'esprit possible", affirme-t-on à la fédération socialiste, tandis que les instances nationales semblent regarder de loin ces bisbilles locales.

    Pour corser la situation, Philippe Meirieu, qui estime "incarner la légitimité et l'union", a pris pour suppléante Nathalie Perrin-Gilbert, maire socialiste du 1er arrondissement, qui se veut une alternative à Gérard Collomb pour les élections municipales de 2014.

    Autre cocasserie, Thierry Braillard s'est adjoint comme suppléante Gilda Hobert, une socialiste.

    Les deux prétendants se disent persuadés de l'emporter, malgré la présence de 14 candidats au total, dans une circonscription dont la population a évolué et qui a voté François Hollande à près de 54% le 6 mai."

    reb/jfr/mad/ed

  • Une semaine après son entrée au gouvernement, Montebourg condamné pour injure

    PARIS, 23 mai 2012 (AFP) - A peine nommé ministre, Arnaud Montebourg s'est vu sanctionner mercredi par le tribunal de grande instance de Paris qui l'a condamné à un euro de dommages et intérêts pour avoir injurié les anciens membres de la direction de SeaFrance.

    Dans une interview au JDD le 15 avril, le candidat Hollande avait pris l'engagement de ne pas avoir "autour de (lui) à l'Élysée des personnes jugées et condamnées".

    Interrogé par l'AFP, le cabinet du ministère de Redressement productif a répondu qu'il n'y aurait "aucun commentaire, aucune réaction" de M. Montebourg.

    En campagne pour la primaire socialiste, Arnaud Montebourg s'était exprimé après une visite à Calais, dans les locaux du Syndicat maritime Nord CFDT.

    "On parle souvent de patrons voyous, là il s'agit d'une entreprise publique, c'est curieux... On ne fera pas de miracle, mais on peut dire à la SNCF que s'ils sont des incapables et qu'ils ont mis des escrocs à la tête de SeaFrance, ils vont l'aider à se relever", avait déclaré l'ancien député, dont les propos avaient été repris dans La Voix du Nord du 27 septembre.

    Se sentant offensés, le patron de SeaFrance, Pierre Fa, et les quatre autres membres du directoire avaient assigné l'élu socialiste pour injure. Mercredi, la 17e chambre civile n'a pas retenu les termes d'"incapables" et de "patrons voyous", mais a jugé que le terme "escrocs" était "incontestablement outrageant".

    Le tribunal a débouté les demandeurs de leurs poursuites contre la Voix du Nord.

    "contexte conflictuel"

    "M. Montebourg a fait de l'extravagance son fond de commerce" et face à la situation de SeaFrance "je trouve ça lamentable", avait regretté M. Fa, présent à l'audience du 4 avril, contrairement à M. Montebourg.

    L'avocat d'Arnaud Montebourg, Me Vincent Toledano, avait rétorqué que le terme d'escroc était tout à fait justifié, puisque l'ancien patron, avait-il rappelé, avait été "condamné à neuf mois de prison avec sursis et 40.000 euros d'amende" pour avoir "assisté au détournement de 305 millions d'euros de fonds publics" dans l'affaire Elf, dont il était directeur de l'audit.

    "M. Fa est un familier des caisses noires et il n'a jamais rien fait", avait continué Me Toledano.

    Le tribunal n'a pas partagé cette analyse. "C'est vainement qu'Arnaud Montebourg invoque" cette condamnation de 2003, peut-on lire dans le jugement, car "il n'est en effet pas prétendu que cette condamnation aurait été prononcée pour des faits d'escroquerie et soit en lien avec la situation de la société SeaFrance".

    Le tribunal reconnaît que "les hommes politiques doivent faire preuve d'une plus grande tolérance à la virulence de la critique", mais nuance-t-il, "cela ne signifie pas qu'à l'inverse, ils disposent d'une plus grande liberté d'expression que les autres citoyens pour manier l'invective".

    Toutefois, considérant "le contexte conflictuel dans lequel les propos ont été tenus", le tribunal n'a alloué qu'un euro aux demandeurs, au lieu des 10.000 euros réclamés par chacun.

    La liquidation définitive de SeaFrance, la dernière compagnie française de ferries à relier Calais et Douvres, a été prononcée le 9 janvier après plusieurs semaines d'incertitude sur son avenir.