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26/07/2017

A l’OSCE, Harlem Désir a rang et salaire de sous-secrétaire général de l’ONU

Dans son nouveau poste de représentant pour la liberté des médias au sein de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, l’ex-secrétaire d’Etat aux Affaires européennes de François Hollande va être rémunéré 122 195 euros net par an, non imposable.

Interrogés la semaine dernière par l’Opinion sur le choix de Harlem Désir, l’ancien secrétaire d’Etat aux Affaires européennes de François Hollande, pour occuper le poste de représentant pour la liberté des médias, les services de la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont apporté, ce mardi, quelques précisions.

« Ces derniers mois, le Président de l’OSCE (actuellement Sebastian Kurz, le jeune ministre autrichien de l’Intégration, des Affaires européennes et internationale) a mené un processus de sélection [...] via notamment des auditions informelles de tous les candidats nominés », écrit la responsable des médias. « Au vu du retour de tous les Etats membres de l’OSCE, le consensus s’est fait sur la nomination de Monsieur Désir le 18 juillet », explique-t-elle en ajoutant que, « au vu du processus de sélection, la Présidence se retient de dévoiler tout détail sur les autres candidats ».

Grille de salaires. Spécifiant que l’emploi de représentant pour la liberté des médias est un « plein-temps », l’Organisation précise que son système de rémunération est basé sur celui des Nations Unies (ONU) pour les membres de ses équipes.

Les dirigeants des trois Institutions de l’OSCE (le responsable du Bureau des Institutions démocratiques et des droits de l’homme, le représentant pour la liberté des médias et le/la Haut(e) Commissaire pour les minorités nationales) ont ainsi un rang et un salaire comparables à celui de sous-secrétaire général des Nations Unies (USG). Ce qui correspond dans la grille des salaires à la date du 1er janvier 2017 à une rémunération annuelle de 192 236 dollars brut ou 142 476 dollars net. Soit l’équivalent de 122 195 euros au cours de ce jour. Le document de l’ONU spécifie que la plupart des Etats membres de l’organisation ont exempté les employés de l’ONU de tout impôt sur le revenu et que dans les quelques pays où les ressortissants nationaux sont imposés, ces derniers se voient remboursés de cette somme par l’ONU.

in "l'Opinion" - 25 juillet 2017 à 12h45

05/07/2017

Ségolène Royal, future ambassadrice pour les pôles arctique et antarctique

L’ancienne ministre de l’écologie a annoncé sa mission, liée à la lutte contre le réchauffement climatique.

In Le Monde.fr - 05.07.2017 à 13h54

L’ancienne ministre de l’écologie Ségolène Royal a annoncé mercredi 5 juillet qu’elle allait être nommée ambassadrice de France chargée des négociations internationales pour les pôles arctique et antarctique. Ce poste était précédemment occupé par Michel Rocard, de 2009 jusqu’à sa mort, en 2016.

« C’est ce qu’on m’a proposé et c’est ce que j’ai accepté », a déclaré Mme Royal lors de l’émission « Questions d’info » LCP - France info - Le Monde - AFP. « C’est une très belle mission », a ajouté l’ex-présidente de la COP21, précisant que la nomination interviendra, « je pense, au conseil des ministres de la semaine prochaine ».

Recul de la banquise

« L’impact du réchauffement climatique se voit massivement aux pôles, a souligné Mme Royal. La banquise a reculé de plusieurs kilomètres en quelques dizaines d’années. Ces masses d’eau douce, qui ont été conservées pendant des centaines de milliers d’années, tout d’un coup fondent, se répandent à l’échelle planétaire et ensuite suscitent la montée du niveau de la mer, mais aussi des perturbations sur la biodiversité absolument considérables. »

Autre grand sujet, « la fonte des glaces [qui] va permettre malheureusement d’accéder à des ressources souterraines, y compris des énergies fossiles, qui n’étaient pas atteignables jusqu’à présent. Cela suscite les convoitises des Etats riverains », a expliqué l’ancienne candidate socialiste à la présidentielle de 2007.

Mme Royal, qui après la COP21 avait œuvré à encourager les ratifications de l’accord de Paris, a monté une association, « Manifeste pour une justice climatique ». Elle avait déposé sa candidature à la direction du Programme des Nations unies pour le développement, attribuée finalement à l’Allemand Achim Steiner.

15/03/2017

Déclaration de patrimoine de Macron: Anticor saisit la Haute autorité pour la transparence

Par AFP agence Mis à jour le 14/03/2017

L'association anticorruption souligne un «manque de cohérence entre les revenus et le patrimoine déclarés» par le candidat à la présidence de la République.

L'association Anticor a annoncé lundi avoir saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour lui demander «de vérifier le caractère exhaustif, exact et sincère» de la déclaration de patrimoine du candidat à la présidentielle Emmanuel Macron.

Dans sa déclaration d'intérêts signée le 24 octobre 2014, Emmanuel Macron indique avoir perçu, comme banquier à la banque Rothschild puis comme secrétaire général adjoint à la présidence de la République, «3,3 millions d'euros de revenus avant impôts», de 2009 jusqu'à son entrée au gouvernement comme ministre de l'Economie en août 2014, selon un communiqué d'Anticor. Il a touché notamment, pour ses activités dans la banque d'affaires, «2,8 millions d'euros» entre 2009 et sa nomination en mai 2012 au secrétariat général de la présidence sous François Hollande.

L'association anticorruption souligne un «manque de cohérence entre les revenus et le patrimoine déclarés», qui a été relevé par certains médias, notamment par «les Décodeurs du Monde, le 17 février 2017, et par Mediapart, le 5 mars 2017».

Dans sa déclaration de patrimoine, signée le même jour, le candidat d'En marche! avait fait état d'un patrimoine de «1,2 million d'euros et d'un endettement de 1 million d'euros», «soit un patrimoine net de seulement 200.000 euros», de quoi susciter des «interrogations» selon Anticor.

La Haute autorité «n'a pas eu à faire d'observations»

Les parlementaires et membres du gouvernement ont l'obligation de déclarer leur situation patrimoniale à la HATVP au début et à la fin de leurs fonctions ou de leur mandat. La déclaration d'intérêts est publiée uniquement au début de la prise de fonctions ou de mandat. «La déclaration de patrimoine d'Emmanuel Macron a été contrôlée à deux reprises en 2014, puis en 2016 (à son départ du gouvernement, NDLR), avant publication par la HATVP qui n'a pas eu à faire d'observations», a indiqué à l'Agence France-Presse une source proche du dossier.

Dans un entretien à La Croix, Emmanuel Macron s'est expliqué sur cette différence entre le patrimoine déclaré et ses revenus perçus. «Comme banquier d'affaires, j'avais le statut d'indépendant. J'ai donc payé, sur le montant brut de ma rémunération, des cotisations sociales patronales, salariales, puis l'impôt sur le revenu. Ces cotisations ont augmenté et frappé mon dernier revenu de référence, au point que je ne gagnais plus assez pour payer mes impôts!», a-t-il notamment fait valoir. Il évoque aussi des travaux dans la maison de famille de son épouse, «partiellement financés par des emprunts bancaires qui ont tous été déclarés, en 2011 et 2012», selon les mots du candidat.

Depuis sa création, la HATVP, qui a pris la suite d'une précédente commission, a transmis une quinzaine de dossiers de parlementaires à la justice lorsqu'elle constatait des déclarations incomplètes ou mensongères.

Enquête ouverte sur un déplacement ministériel de Macron

Le Figaro.fr avec AFP - Mis à jour le 14/03/2017

Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des soupçons de favoritisme autour d'un déplacement en janvier 2016 à Las Vegas d'Emmanuel Macron, alors ministre de l'Économie, a fait savoir ce mardi une source judiciaire.

» Lire aussi - Macron : soupçon de favoritisme autour d'un déplacement à Las Vegas

Cette enquête a été ouverte lundi pour favoritisme, complicité et recel de favoritisme, a précisé la source. Elle fait suite à un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF) qui soupçonne un délit de favoritisme lors de l'organisation de cette opération, confiée au géant Havas sans appel d'offres par Business France, l'organisme de promotion de la French Tech dépendant de Bercy.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/03/14/97001-20170314FILWWW00268-macron-a-las-vegas-ouverture-d-une-enquete-preliminaire.php?utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook

26/02/2017

Voies sur berge : après 5 mois de piétonnisation, des chiffres accablants pour Hidalgo

Challenges - Le 23.02.2017 à 11h52

 

Bien que constaté ailleurs en Europe, l'effet d'évaporation du trafic espéré par Anne Hidalgo tarde à se matérialiser à Paris : après 5 mois de piétonisation, on parle de report plus que de diminution de la circulation.

Le quotidien Le Parisien poursuit la mission de juge-arbitre qu'il s'est donnée depuis que les services de la Mairie de Paris et de la Région Île-de-France livrent des décomptes différents du nombre de voitures en circulation et des conclusions contradictoires de l'impact de la fermeture des voies sur berge au cœur de la Capitale. Pour ce faire, les journalistes du Parisien se sont employés à examiner les données de comptage que met à la disposition du public la Mairie de Paris mais qui donnent lieu à des interprétations très diverses, selon que leurs auteurs soutiennent ou s'opposent à l'interdiction de circuler qui court depuis cinq mois.

Dans son édition du 23 février, Le Parisien compare le nombre de véhicules sur les voies concernées sur la période de septembre à décembre, en 2015 et en 2016. Le quotidien en conclut que "les automobilistes se sont massivement rabattus sur les quais hauts et sur le Boulevard Saint-Germain", faute de pouvoir emprunter les voies inférieures sur berge.

Selon le décompte fait par Le Parisien, le nombre de véhicules n'a cessé de croître durant cette période sur ce qu'il est convenu d'appeler les quais hauts : + 56 % sur le Quai du Louvre et + 88 % sur le Quai Henri IV et le Quai de Gesvres.

Les rares baisses enregistrées sont loin de pouvoir compenser ces envolées du nombre de véhicules. La Voie Georges-Pompidou a vu son trafic divisé par deux, il a augmenté respectivement de 14 % et de 16 % sur les côtés Saint-Germain-des-Prés et Jussieu du Boulevard Saint-Germain. L'écart entre 2015 et 2016 a tendance à se réduire de mois en mois (signe que le nombre de véhicules a tendance à baisser) mais on dénombre toujours plus d'autos aujourd'hui que l'an dernier sur cette artère.

La Mairie de Paris (qui qualifiait de "désinformation" les chiffres de la Région en novembre) verra sans nul doute dans cette tendance à la déflation un signe encourageant et la preuve que les riverains doivent s'armer de patience avant de savourer les effets d'une évaporation réelle du trafic. Le temps pour les usagers de se résoudre à changer leurs habitudes.

Au début du mois de janvier 2017, un rapport commandé par la Région concluait que la pollution et le bruit sont en hausse depuis la fermeture des voies sur berges prônée par Anne Hidalgo.

15/02/2017

Si tu savais Najat - lettre ouverte à la pitoyable ministre de l'éducation

Je ne suis pas l’auteur de ce texte, il m’est parvenu sans que je sache le nom de l’auteur. Mais je l’ai tellement aimé que je n’ai pu résister à l’idée de le faire connaître à tous les lecteurs…

"Si tu savais Najat, comme on était fiers et heureux, nous les Rinaldi, les Fernandez, les Ribolowski, les Sebbah, les Piemontesi, les Van de Kerkof, nous les Bernstein, les Bogossian , les Campana, les Suchodolsky … d’écouter, les doigts encore douloureux et engourdis par la bataille de boules de neige de la récré, notre maître d’école nous parler de nos ancêtres gaulois qui avaient combattu les armées de César à Alésia et de nos ancêtres Francs qui avaient fait de Clovis leur roi.

Si tu savais petite Najat, ministre inculte de l’Education Nationale, comme c’était bon, pour les petits Français de neuf ans que nous étions, de faire mordre la poussière aux Anglais aux côtés de notre ancêtre Bertrand Duguesclin, connétable de France, de chevaucher aux côtés de notre ancêtre Bayard, le chevalier sans peur et sans reproche.

Si tu savais microscopique Najat, qui lis un livre par an mais traites les membres de l’Académie Française de « pseudo Z’ intellectuels », comme c’était pénible pour nous de souffrir en sonnant du cor avec notre ancêtre Roland le Preux, mortellement blessé à Roncevaux en assurant les arrières de Charlemagne, comme c’était grisant de partir pour les Croisades avec notre ancêtre Saint Louis.

Évidemment que nous savions, nous qui avions des noms si difficiles à prononcer ou à écrire, que nos héros n’étaient pas nos ancêtres et que nos ancêtres avaient eu d’autres héros.

Mais c’était si bon de croire le contraire, rien qu’une heure par semaine.

On était si fiers de faire partie spirituellement de cette Histoire là.

Penses tu, inculte, haineuse et revancharde petite Najat, que ton cerveau formé dans les années Mitterrand et lessivé depuis trente ans à l’eau de Javel de SOS racisme et de Terra Nova, sera capable un jour de comprendre cela ?

Sache, que si un jour,  je pars vivre en Chine… je ne vais pas demander aux millions de petits Chinois d’apprendre l’histoire de France parce que je suis là !"

Le "prédicat", dernière invention de la nuisible Belkacem

in : http://grincheux.typepad.com/

 

Pascal PraudPascal Praud est connu comme journaliste sportif, plutôt spécialisé dans le football. A la radio (RTL), il a repris le fambeau de l'émission-culte "On refait le match" d'Eugène Saccomano et tient une rubrique matinale généraliste, genre billet d'humeur, vers 7h58, intitulée "Le Praud de l'info".

"Le prédicat désigne ce qui est dit du sujet", explique Pascal Praud dans sa rubrique du vendredi 20.01, et il prend cette phrase très réaliste en exemple :

"Najat Vallaud-Belkacem fait n'importe quoi".

Praud décrypte : "'Fait n'importe quoi' est le prédicat".

Et de poursuivre : "Avant, on aurait appris : 'Najat Vallaud-Belkacem', sujet ; 'fait', verbe ; fait quoi ? 'n'importe quoi', complément d'objet direct".

"Aujourd'hui c'est fini : il faut dire cette chose incroyable, révoltante, insensée. On n'apprend plus à l'école primaire le complément d'objet direct. Trop compliqué !", tonne le journaliste. "On simplifie. 'Fait n'importe quoi' devient un bloc à part entière, c'est le prédicat. La fameuse méthode globale, celle qui a plongé des millions d'enfants dans l'ignorance. Et on continue !", se désole-t-il.

"Le Conseil supérieur des programmes, qui valide cet enseignement, est un danger public. Il pratique le charabia, il a la passion de la réforme, il modifie ce qui marche", note Pascal Praud. "Incompétence et idéologie sont sa marque de fabrique. Il est urgent de le supprimer", conclut-il, en prenant soin de préciser l'orthographe finale du mot "supprimer". (oui car à la radio les cancres du ministère auraient pu entendre "supprimé")

VOIR LA VIDEO SUR RTL

LE FIGARO -- Alain Bentolila, est un linguiste français, professeur à l'université Paris Descartes. Il a participé à l'écriture des programmes scolaires en 2008. Il déclare :

"L'introduction du prédicat dans les petites classes n'a aucun sens. Le prédicat est une notion de théorie classique aristotélicienne. J'enseigne cette notion à mes étudiants de master 2. L'homme est le seul animal vivant à «dire des choses à propos de». Voilà ce qu'est le prédicat. Votre pensée prend le pouvoir sur votre perception comme lorsque vous dites «le chou a mangé la chèvre» ou «la terre est bleue comme une orange». Avec le prédicat, vous entrez dans la poésie, l'image. C'est une notion philosophique formidable pour mes étudiants mais, pour des enfants, ça n'a aucun intérêt. C'est une erreur fondamentale. Derrière un terme comme le prédicat se cache une idéologie épouvantable dont les enfants défavorisés sont les premières victimes."

LAROUSSE - LE PRÉDICAT :
Élément central de la phrase, autour duquel s'organise la fonction des autres éléments de l'énoncé. (Dans la phrase de base, c'est le syntagme verbal par rapport au syntagme nominal sujet : Le chien aboie.)

Robert Marchenoir nous a écrit :
On notera le raffinement dans la perversité dont fait preuve cet article du Larousse. Pour expliquer un mot que personne ne comprend (prédicat), on "l'explique" avec un autre mot que personne ne comprend (syntagme). Pour expliquer un concept imbitable, on explique d'abord que ça veut dire un truc, puis que ça veut dire le contraire. Pour expliquer une définition, on donne un exemple qui ne correspond pas à la définition : le verbe aboyer serait l'élément central de la phrase "Le chien aboie". Bah non, gros con. Dans la phrase "Le chien aboie", "aboie" n'est pas plus central que "le chien". En revanche, prétendre que le chien n'est pas central, c'est faire preuve d'une cynophobie insupportable qui me rappelle les heures les plus sombres de notre histoire.

TAKUAN nous a écrit :
Au secours ! Pour comprendre j'ai demandé en ligne la définition du "prédicat". Voilà ce que le Larousse nous en dit :
1) Élément central de la phrase, autour duquel s'organise la fonction des autres éléments de l'énoncé. (Dans la phrase de base, c'est le syntagme verbal par rapport au syntagme nominal sujet : Le chien aboie.)
2) Nom parfois donné, en grammaire traditionnelle, à l'adjectif attribut dans une phrase comportant la copule être.
3) Ce qui est affirmé d'un sujet ou est dit lui appartenir. (Sagesse/sage est prédicat dans La sagesse appartient à Socrate ou dans Socrate est sage.)
Et avec cela je suis sensé comprendre l'architecture d'une phrase ? Si j'ai bien compris, avant une phrase était définie par un sujet, un verbe et un complément, maintenant il s'agit d'une affirmation avec un prédicat qui est tantôt sujet (nominal/sagesse) et tantôt complément (verbal/sage).....mais je suis pas certain.... Et vous ?

Robert Marchenoir a répondu :
TAKUAN | Totalement imbitable. Heureusement que les dictionnaires sont faits pour expliquer des trucs, parce qu'on aurait pu s'y tromper. "La copule être". La quoi ? Gros cochon... Cet article du Larousse est parfaitement clair : nous sommes victimes d'un groupe de terroristes du langage qui s'emploient à remplacer ce qui se conçoit clairement, et s'énonce aisément, par un charabia incompréhensible qui ne veut rien dire. Après quoi, ces messieurs, ayant foutu un bordel noir, se proposent comme volontaires pour nous "expliquer". C'est l'éternelle arnaque du socialisme : je sème la subversion, j'installe mes théories à la con, je torpille ce qui, avant moi, marchait parfaitement, puis j'offre mes services pour réparer les méfaits du capitalisme, de l'ultra-libéralisme et de mon cul sur la commode. Ça marche aussi avec les musulmans, remarquez : j'importe en France mes mœurs arriérées, mes comportements socialement nocifs, mon idéologie mortifère et déresponsabilisante, je crée un champ de ruines autour de moi, et puis je chouine que la méchante France raciste et capitaliste m'empêche de devenir directeur du marketing de l'Oréal et de m'acheter un appartement dans le 16e arrondissement de Paris. Tout en entraînant tout le monde vers le bas avec moi.

12/12/2016

Comment Hollande a tué la recherche

François Hollande avait-il promis, en 2012, d’améliorer le financement de la recherche publique et des universités ? Oui. Dans son discours du Biopole de Nancy, le 5 mars 2012 (que j’avais publié dans son intégralité sur le blog {Sciences²}  alors tenu sur le site Web de Libération. Un discours annoncé à tous les acteurs de la recherche et de l’université par Vincent Peillon comme celui qui allait exposer clairement les ambitions et le programme de François Hollande dans ce domaine. Il y fustigeait la politique de Nicolas Sarkozy : «En dix ans, en intensité de recherche nous sommes passés de la 4e à la 15e place des pays de l’OCDE. Pour un pays qui ne cesse de parler d’excellence, ce n’est pas concluant ! La recherche publique civile, contrairement à ce qui peut se dire, est en forte baisse : les organismes de recherche, l’Agence nationale de la recherche elle-même voient leurs crédits baisser dans des proportions importantes. Pour cette année, 12 % de baisse pour le CNRS et 15 % de baisse pour l’ANR. » Et d’annoncer une politique à l’opposé.

L’a t-il fait ? Non. Qui le dit ? Bercy, bien sûr, avec ses chiffres. Les opposants de gauche à sa politique. OK. Quelques journalistes. Certains font leur travail. Mais si vous avez un doute sur ces appréciations en raison de leurs origines, faites simple. Il suffit de vous tourner vers les partisans de la politique de François Hollande, dès lors qu’ils se trouvent en situation d’avouer une vérité qui ne leur plait pas.

Le cri du cœur du sénateur

Le cri du cœur provient donc d’un sénateur, fidèle soutien du président, Michel Berson. Sénateur de l’Essonne. Impliqué dans les travaux parlementaires sur le budget de la recherche. Connaisseur du sujet en raison son implantation à Orsay et Saclay où se trouvent l’université Paris-Sud, le CEA, de multiples grandes écoles d’ingénieurs, le synchrotron national Soleil, etc. Membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), Michel Berson participait donc à sa longue audition sur la stratégie nationale de la recherche, tenue jeudi 8 décembre, salle Lamartine à l’Assemblée Nationale. J’ai déjà fait référence à cette audition dans une note précédente soulignant l’hypocrisie des propos du secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, Thierry Mandon au sujet des personnels et en particulier des jeunes précaires virés des laboratoires en masse depuis cinq ans.

de réunion, les langues se délient un peu. Après qu’un participant, un peu horrifié de ce qu’il disait demande à la cantonade « il n’y a pas de journalistes au moins ? », Michel Berson fit cette proposition formidable. « L’Allemagne est à 3 % de son PIB pour la recherche, la France se traîne toujours à 2,3 % depuis 2000 dont 0,8 % pour la recherche publique. Pour rattraper l’Allemagne, avec une recherche publique à 1 % du PIB, il faut une loi pluriannuelle de programmation d’une augmentation de 1 milliard chaque année de notre budget consacré à la recherche publique durant cinq ans. »

Assis derrière moi, un physicien dont je tairai le nom, qui occupa un poste important au synchrotron national Soleil, ne tint plus. Et explosa de colère : « Mais pourquoi ne pas l’avoir fait depuis cinq ans, avec la gauche majoritaire à l’Assemblée et le proposer maintenant alors qu’elle pourrait bien ne plus l’être en 2017 ! » Curieusement, cette proposition recoupe d’assez près une revendication portée depuis le début du quinquennat par diverses organisations syndicales  (SNCS-FSU, Snesup-FSU, SNTRS-CGT) et par des mouvements comme Sciences en marche, Sauvons la recherche ou Sauvons l’université.

Le cri du cœur du directeur général de Paris-Saclay

Michel Berson n’est pas le seul à manger le morceau, lors de cette réunion très peu suivie par la presse. En voici un autre, Claude Chappert, qui jouit de la confiance du gouvernement puisqu’il l’a récemment mis aux manettes de l’opération Paris-Saclay. Ce directeur général de la Fondation de coopération scientifique censée mettre en place le futur campus Paris-Saclay, rien moins que la plus grande concentration de chercheurs du pays, a toutefois un défaut pour le gouvernement.

Claude Chappert, passé par l’activité de chercheur, titulaire d’une médaille d’argent du CNRS pour ses travaux en micro-électronique, ne sait pas s’en tenir à la langue de bois des hauts fonctionnaires (dé)formés à l’ENA. En fin de réunion, il a lui aussi son cri du cœur : «les taux de succès à l’ANR se sont écroulés… mais les crédits récurrents aussi !», pour indiquer à quel point les laboratoires sont en peine. Et pourtant, il parle du nec plus ultra de la recherche française, connectée aux enjeux industriels et l’emploi de demain. Le graphique ci-dessus montre l’écroulement des taux de succès des projets des chercheurs en réponse aux appels d’offre de  l’ANR. Il s’arrête en 2012, mais depuis la situation s’est encore dégradée. En 2014, le taux de succès de l’appel d’offres principal de l’ANR avait chuté à 8,5 % ! En 2015, malgré la diminution forte du nombre de projets proposés, tant le découragement fait rage dans les labos, le taux est resté inférieur à 10 %. Une catastrophe, entraînant une véritable crise dans le système de l’ANR, avec démissions en cascade de chercheurs membres des comités d’évaluation, ulcérés de se voir mêlé à une sorte de « mascarade », une « loterie » dénuée de valeur scientifique.

Sciences en marche livrait en 2014 ce petit calcul pour le seul CNRS afin de quantifier la perte des moyens des laboratoires sur la durée. En 2004, la dotation aux laboratoires était de 194 M€ en euros constants valeur 2013 contre 145,2 M€ en 2014. Cette perte de 26 % est une estimation minimale, car entre les deux dates, de nombreuses charges d’infrastructure (entretien des bâtiments, électricité, eau) ont été portées aux budgets des laboratoires, alors qu’elles étaient financées par ailleurs en 2004. Il est intéressant de comparer cette perte aux frais de gestion de l’ANR en 2015, près de 33 millions d’euros en 2014, alors que le travail de cette structure – la répartition des crédits – était auparavant réalisé par les organismes de recherche, les universités ou les services ministériels sans que cela coûte un sou de plus que leurs budgets normaux.

Coupes budgétaires à répétition

Geneviève Fioraso et Thierry Mandon ont longtemps cherché à masquer le reniement de François Hollande sur les budgets de la recherche et des universités. En annonçant chaque année des augmentations mirobolantes de crédits.  Sauf que la pratique consistant à voter des crédits en loi de finances initiale (LFI) puis à les sabrer en cours d’année a perduré. En témoigne l’analyse de l’exécution du budget 2014 dans un rapport parlementaire démontrant la disparition de près d’un milliard entre la LFI et la réalité budgétaire. Dans ce rapport (de Michel Berson et Philippe Adnot), il est précisé que la perte pour le budget strict de la recherche publique équivaut à 6 % de son total.

Même pratique pour les postes d’universitaires annoncés en hausse chaque année. Mais ces créations de poste n’ont même pas suivi l’augmentation des effectifs étudiants. Quant aux postes annoncés, le tarif d’évaporation en cours d’année fait plus que doubler celui des crédits de recherche : le rapport Adnot-Berson estime que 15 % des postes annoncés par le ministère ne sont pas créés, car les universités, devenues autonomes au plan budgétaire, n’ont pas les crédits pour les salaires correspondants. Dans son discours de Nancy, François Hollande s’élevait contre cette pratique de Nicolas Sarkozy – ne pas compenser le transfert de charges du ministère aux universités – aboutissant à l’asphyxie financière des universités et « le gel de nombreux postes ». Un processus aggravé par la vaste réorganisation des universités (autonomie budgétaire, fusions, Comue, IDEX…) qui a donné lieu à la création de postes administratifs et d’équipes présidentielles dont le nombre et les salaires en augmentation très rapide et parfois très loin des standards universitaires ont grevé les budgets.

Le bilan de François Hollande pour les moyens accordés à la recherche et aux universités est donc net. Non, il n’a pas tenu les promesses de 2012. Et le refus de l’admettre pèse sur la sincérité du débat politique pour les prochaines élections.

13/10/2016

Un président ne devrait pas dire ça... : un livre, 10 polémiques

Depuis leur publication, les confessions du chef de l'État n'en finissent plus de provoquer des réactions hostiles.

«Tout est dans le titre!», se désolent depuis dix jours les derniers soutiens de François Hollande, effarés par le contenu du livre-confessions du chef de l'État. «Un président ne devrait pas dire ça», donc: critiquer les footballeurs ou les magistrats, dévoiler des secrets d'État, raconter en privé l'inverse de ce qu'il promet publiquement... Le chef de l'État a eu beau tenter de s'expliquer, jeudi soir, en évoquant des «phrases sorties de leur contexte», chaque jour apporte son lot de polémiques depuis la publication du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Pour y voir plus clair, le Scan récapitule les 10 points de conflit successifs.

 

Les magistrats «lâches»

Une petite phrase a immédiatement provoqué l'émotion dans le milieu judiciaire. «Tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux...», accuse François Hollande, pointant du doigt «une institution de lâcheté». Des propos «dangereux et injustes» selon le Conseil supérieur de la magistrature, également dénoncés par le premier président de la Cour de cassation et le procureur général. Obligeant François Hollande à s'excuser dans une lettre adressée aux magistrats: «Ces propos sont sans rapport avec la réalité de ma pensée», prétend-il.

 

Les footballeurs «sans valeurs»

Dans le livre, François Hollande critique des footballeurs «sans références, sans valeurs», qui sont selon lui «passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation». Le chef de l'Etat ajoute que la Fédération française devrait organiser des «formations» pour les joueurs, «de la musculation de cerveau». Réactions courroucées chez les principaux concernés: même Zinédine Zidane est sorti de son habituelle réserve pour critiquer les propos «dérangeants» du chef de l'État. François Hollande a prévu de rencontrer le patron de la Fédération française de football Noël Le Graët pour s'expliquer.

 

La femme voilée, Marianne de demain»

La phrase, sortie de son contexte, a fait bondir la droite et le FN: «La femme voilée d'aujourd'hui sera la Marianne de demain». Dès la publication du livre, les soutiens de Nicolas Sarkozy notamment sont montés au créneau pour dénoncer le «communautarisme» du chef de l'État. L'Elysée a déminé en invitant les lecteurs trop pressés à lire l'intégralité de la citation. Dans la suite de son propos sur la «femme voilée, le chef de l'État développe: «D'une certaine façon, si on arrive à lui offrir les conditions pour son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l'être, capable de porter un idéal.»

 

Il y a un problème avec l'islam»

L'islam pose «problème» en «demand(ant) des lieux, des reconnaissances». Mais Manuel Valls s'en est chargé en assurant que l'islam n'était pas «le problème qui poserait toutes les difficultés au pays»». «L'islam de France, comme toutes les religions, a toute sa place en France», a assuré le premier ministre.

 

Trop d'immigration»

Autre phrase qui a pu heurter l'électorat du président socialiste: «Je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration qui ne devrait pas être là». Si les responsables de gauche sont restés muets sur le sujet, la droite et le FN ont rebondi sur la citation pour dénoncer le «décalage» entre les propos et les actes du chef de l'Etat sur le sujet de l'immigration.

 

L'avenir de Notre-Dame-des-Landes

François Hollande a-t-il abandonné l'idée de construire l'aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes? «Le plus probable est que ce projet ne verra jamais le jour», explique-t-il dans le livre. Problématique alors que son premier ministre défend le projet de construction et que les habitants de Loire-Atlantique l'ont approuvé par référendum. Le porte-parole du gouvernement a tenté de déminer en assurant que les propos du chef de l'État avaient été prononcés avant le fameux référendum de juin. Mais il n'en fallait pas plus pour relancer la controverse au plus haut sommet de l'État: opposée au projet, Ségolène Royal souhaite «arrêter les frais», de quoi agacer le premier ministre, qui a confirmé l'évaluation prochaine du terrain et la construction de l'aéroport.

 

Les quatre assassinats ciblés

Dans le livre, François Hollande annonce avoir ordonné quatre exécutions ciblées, probablement de terroristes. Les fameuses «opérations Homo» (homicides, dans le vocabulaire militaire, ndlr). La droite a déploré une rupture du secret militaire. La gauche n'est pas moins critique: Jean-Luc Mélenchon a estimé que ces actes relevaient de la cour pénale internationale et même le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est désolidarisé du président, dont il est pourtant proche.

 

L'«acte de liquidation» du PS

«Il faut un acte de liquidation. Il faut un hara-kiri» pour le PS, assure François Hollande dans le livre. Le chef de l'Etat aurait voulu en finir avec le parti qu'il a dirigé pour créer une nouvelle structure progressiste, le Parti du progrès. Une ambition qui a heurté la direction de l'actuel PS, à commencer par Jean-Christophe Cambadélis, pourtant soutien du chef de l'État: «C'est une réflexion du président de la République que je ne partage pas», a-t-il réagi.

 

La justification sur les «sans-dents»

Dans le livre des deux journalistes, François Hollande revient sur ces mots polémiques qu'il aurait utilisés, selon Valérie Trierweiler, pour qualifier les plus pauvres. «Je lui ai dit: “Je vois des gens qui viennent vers moi dans les manifestations, ce sont des pauvres, ils sont sans dents”», se justifie le président, dénonçant une «trahison» de son ex-compagne. La réplique de cette dernière n'a pas tardé: sur Twitter, Valérie Trierweiler a exhumé ce qu'elle présente comme un SMS que lui aurait écrit ce dernier en 2005: «Je suis avec ma copine Bernadette dans une grande manifestation dans son canton. Dans son discours, elle a fait un lapsus formidable. Rire général, même chez les sans-dents».

 

La polémique jusqu'en Grèce

François Hollande fait état d'un appel de Vladimir Poutine au lendemain du référendum organisé et gagné par Alexis Tsipras sur la dette grecque. Le président russe assure que le gouvernement grec lui aurait demandé «d'imprimer des drachmes (la monnaie nationale grecque avant le passage à l'euro) en Russie car ils n'ont plus d'imprimerie pour le faire». Ce récit de François Hollande a provoqué d'importants remous dans la classe politique grecque, obligeant le gouvernement d'Alexis Tsipras à se justifier et… à se désolidariser de François Hollande.

01/09/2016

Éducation nationale : le vrai bilan de Najat Vallaud-Belkacem

Ce lundi 29 août, Najat Vallaud-Belkacem tenait la réunion de rentrée de son ministère. Pour Jean-Rémi Girard, son bilan rue de Grenelle se résume à une action brouillonne mêlée à un art mensonger de la communication.

 

Le Figaro – 30 Aout 2016 - Jean-Rémi Girard est professeur de français et vice-président du SNALC-FGAF.

 

À l'entendre (lors de sa conférence de presse) et à la lire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. L'École a été refondée, l'échec scolaire va être vaincu, et les rares inquiets vis-à-vis de la politique menée vont progressivement être convaincus. Rendez-vous en… 2025 (!!!) pour faire le point.

La réalité, hélas, est quelque peu différente. Car, à moins d'un an des présidentielles, le bilan de Najat Vallaud-Belkacem n'est pas brillant. D'ailleurs 21% des enseignants seulement sont en accord avec les choix politiques faits, d'après le baromètre UNSA de 2016 (syndicat pourtant très favorable aux réformes entreprises). Que s'est-il donc passé?

La plus grande part de la communication a été faite autour des fameux 60 000 postes crées. Vous pensiez que cela voulait dire 60 000 professeurs en plus devant les élèves? Que nenni! Entre le rétablissement d'une formation initiale (qui était nécessaire, mais a été fait n'importe comment), les postes non pourvus aux concours, les autres catégories de personnels incluses elles aussi dans le chiffre, on peine à y voir clair.

Une certitude: le nombre d'élèves par classe a… augmenté. Autant dire que, dans les salles des professeurs et les salles des maîtres (quand ces dernières existent), on l'a un peu mauvaise.

 

Fer de lance de la politique ministérielle, la fameuse réforme du collège et celle, conjointe, des programmes, vire au casse-tête. Des programmes sur des cycles de 3 ans alors que l'on a les élèves qu'une seule année en face de soi. La suppression de tout ce qui dépassait (le latin et le grec parvenant encore à survivre, mais avec des horaires atrophiés). De l'accompagnement personnalisé en classe entière et sur les heures de cours (cette blague!). Des projets obligatoires parfaitement bureaucratiques, à articuler avec les programmes sus-nommés, on ne sait trop comment.

Moins de français en sixième pour les élèves en difficulté, alors que les études même du ministère montrent que la maîtrise de la langue à l'entrée au collège se dégrade depuis plus de 20 ans. En bref, une fois encore, les bons sentiments conjugués à une forte dose d'idéologie pédagogique (et à un soupçon d'intérêt économique) ont donné naissance à un machin qui, au mieux, ne servira à rien. Les collègues se débrouilleront pour tenter de continuer à enseigner correctement au milieu de la multiplication d'injonctions et des obstacles bureaucratiques placés sur leur chemin. Dans cinq ans, on les accusera de ne pas avoir compris la réforme, on dira qu'on n'est pas allé assez loin, et on refera la même chose, en pire. On a l'habitude, désormais.

On n'oubliera pas quelques traits de génie supplémentaires. La «priorité au primaire», qui s'est évanouie dans la nature. La suppression intégrale du redoublement, sans rien mettre en place pour aider les élèves perdus. Le refus de faire un bilan objectif de la réforme du lycée précédente — et pour cause, vu qu'elle ressemble à s'y méprendre à une certaine réforme du collège… Il ne faudrait pas non plus trop faire savoir à quel point ce que le ministère met en place ne fonctionne pas.

On appréciera certaines choses, comme la remise à plat de tous les métiers et des carrières qui vont avec, même si annoncer une revalorisation salariale pour 2017 est un peu «gros». Qu'on se rassure, pour la plupart des collègues, elle ne compensera pas la perte de pouvoir d'achat qu'ils subissent.

La ministre communique. Beaucoup. Et ment. Beaucoup.

Mais s'il n'y avait qu'une seule chose à retenir du passage de la ministre rue de Grenelle, c'est la communication. Qu'on soit bien d'accord: ce n'est Najat Vallaud-Belkacem qui «fait» les réformes, mais la technostructure. La ministre rend quelques arbitrages, mais l'essentiel est produit par d'inamovibles hauts fonctionnaires. En revanche, la ministre communique. Beaucoup. Et ment. Beaucoup. Elle invente des heures de français supplémentaire au primaire, qui correspondent en fait aux heures de cours des autres matières. Elle fait croire que 70% des collégiens vont faire du latin, alors qu'elle a porté un coup terrible à cet enseignement, qualitativement et quantitativement. Elle laisse penser que les langues vivantes, notamment l'allemand, sortent renforcés de la suppression d'environ 40% des classes bilangues et de 100% des sections européennes. Et ça n'en finit pas. Au fond, c'est probablement autant pour sa communication que pour ses réformes que la ministre suscite un tel rejet. Qu'on mène une politique inefficace et même nuisible est une chose. Qu'on fasse passer ceux qui sont, in fine, en charge de l'appliquer pour des idiots qui n'ont rien compris à coup de contre-vérités dans tous les médias en est une autre.