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  • A la quasi-unanimité, les communistes refusent d'entrer au gouvernement

    PARIS, 20 juin 2012 (AFP) - Les communistes ont, sans surprise, voté mercredi à une écrasante majorité leur refus d'entrer au gouvernement de Jean-Marc Ayrault, leur secrétaire national, Pierre Laurent, souhaitant que le Front de Gauche soit une "force de construction collective" pour la gauche.

    Pierre Laurent avait dès lundi, devant le Conseil national du parti, estimé que les conditions n'étaient aujourd'hui "pas réunies" pour une participation gouvernementale.

    Il aurait fallu "des inflexions importantes au projet présidentiel qui, en l'état, n'est pas susceptible de répondre aux exigences" d'"urgences sociales" sur la relance des services publics ou la hausse du Smic, avait-il déclaré, jugeant qu'il fallait aussi "s'émanciper des exigences de réductions drastiques des dépenses publiques".

    Lors d'un meeting après le vote, M. Laurent, entouré d'une dizaine de responsables dont le député André Chassaigne, a aussi lancé un appel à François Hollande pour renégocier le traité européen de discipline budgétaire.

    Et d'assurer, concernant l'entrée de communistes au gouvernement, qu'"il n'y aurait pas je ne sais quel débauchage" cette fois-ci. Il a toutefois souhaité que le FG soit une "force d'action constructive". "Nous serons disponibles" si "nos propositions sont entendues", a-t-il ajouté.

    Quant à l'éventuelle nomination de Robert Hue, soutien de François Hollande, Pierre Laurent a fait valoir que l'ex-secrétaire général du PCF "n'est plus membre du PCF". "Il a fondé un petit mouvement", le Mouvement unitaire et progressiste (MUP), et donc "il n'engage en rien le PCF", a-t-il souligné. C'est un "renégat", avait déjà tranché M. Mélenchon il y a quelques mois.

    Durant cette conférence nationale à huis clos, certains se sont demandés si "on n'était pas en train de se marginaliser" en n'acceptant pas d'entrer au gouvernement, a expliqué Marie-Pierre Vieu.

    Cette responsable PCF a relevé que les militants avaient eu un "pet au moral" en voyant que seuls 10 députés FG avaient été élus (19 sortants), un mois après le bon score de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle (11,1%) et malgré un score aux législatives en hausse.

    Daniel Cirera (Communisme 21) a parlé d'une "contradiction dans la position aujourd'hui: nous voulons que le changement réussisse au moment même où nous disons que les conditions ne sont pas réunies" pour participer au gouvernement.

    Désormais, "la question ce n'est pas Front de Gauche ou pas, mais c'est +est-ce que le FG sert la dynamique de toute la gauche ou est-ce qu'il est dans une stratégie du recours qui attend que les difficultés surviennent+" pour la majorité présidentielle, a-t-il dit à l'AFP, estimant que la tactique de jouer le coup d'après était "une illusion".

    Car "s'il y a une déception et un échec (par rapport à la politique de François Hollande), ce sera la droite et l'extrême droite qui en profiteront", a-t-il jugé.

    Mais, "si on y allait, il y aurait eu un clash avec les partenaires du Front de Gauche", a estimé un autre délégué, craignant que le FG soit désormais catalogué à l'extrême gauche par ce refus d'entrer au gouvernement.

  • Fonction publique: "Quand c'est flou, il y a un loup", dit Mailly

    PARIS, 21 juin 2012 (AFP) - Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, a affirmé jeudi à propos des intentions du gouvernement sur les effectifs de la fonction publique que, "quand c'est flou, il y a un loup", et a demandé au gouvernement de "lever ce loup".

    "Comme disait la grand-mère de Martine Aubry +quand c'est flou, il y a un loup+, eh bien, on va demander à lever le loup", a lancé sur RTL M. Mailly, reprenant la formule de la première secrétaire du PS, qui visait alors François Hollande, son rival dans la primaire socialiste.

    "Si jamais le gouvernement était dans une logique identique au précédent, en disant qu'il faut serrer les boulons et on va arbitrairement diminuer tels effectifs ou remettre en cause telle mission de service public, je dis attention", a ajouté le leader de FO.

    A la conférence sociale des 9 et 10 juillet, où ce sujet est inscrit, M. Mailly entend "redemander que, d'abord, il y ait un vrai débat sur l'avenir du service public dans notre pays, ce que le précédent gouvernement a refusé de faire". "Qu'on nous explique s'il y a un arrêt de la révision générale des politiques publiques" (RGPP), a-t-il dit.

    Evoquant la volonté du gouvernement d'augmenter les postes dans des secteurs prioritaires -éducation, police, justice- dans le cadre d'effectifs de fonction publique globalement stables, M. Mailly a dit: "Je ne connais pas 36 solutions: ou bien il y a des réductions" dans d'autres secteurs, "et je veux savoir où", ou alors il y aurait "un acte trois de la décentralisation" qui consisterait à "transférer des missions sans transférer les effectifs".

    Selon lui, dans tous les secteurs de la fonction publique, les agents "n'en peuvent plus, sont à bout, on est à l'os".

    Selon Le Figaro, le gouvernement prévoit une baisse en moyenne de 2,5% par an des effectifs de la fonction publique. Ces chiffres "ne sont pas ceux du gouvernement" et des arbitrages sont encore attendus jusqu'à fin juin, a indiqué Matignon à l'AFP.

  • Mise en garde aux écologistes: Placé (EELV) marque son mécontentement

    PARIS, 21 juin 2012 (AFP) - Jean-Vincent Placé (EELV) a manifesté jeudi avec force son mécontentement, après qu'un ministre socialiste eut déclaré que les écologistes, associés au gouvernement, auraient à l'Assemblée "la liberté d'expression, mais pas la liberté de vote".

    "Les propos d'Alain Vidalies (le ministre des Relations avec le parlement) sont discourtois, méprisants et inappropriés. C'est un très mauvais signal, et l'expression d'une dérive de la Ve République et du fait majoritaire", a déclaré le président du groupe écologiste au Sénat, dans une interview au Jdd.fr.

    Alain Vidalies a tenu ses propos dans l'émission "Questions d'Info" (LCP/Le Monde/AFP/France Info).

    "Je pense qu'il faut vite rectifier... et j'attends que le Premier ministre le fasse", a ajouté Jean-Vincent Placé.

    "Nous soutenons le président de la République, a poursuivi le sénateur. Mais les débats vont arriver très vite... Sur la question de la transition énergétique, du nucléaire, nous comptons faire entendre notre voix".

    "Par ailleurs, les prévisions de croissance ont été revues à la baisse, ce ne sera pas au gouvernement de revoir tout seul sa copie, a encore déclaré Jean-Vincent Placé.

    "Il n'y aura pas de cacophonie (au sein de la majorité présidentielle, mais une discussion en amont, dans le respect et l'équilibre", a-t-il assuré.