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02/09/2016

François Hollande : pour Marylise Lebranchu, il a "passé son temps à faire des annonces à la con"

A la tête du ministère de la Décentralisation, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Marylise Lebranchu a été brutalement remercié par François Hollande en février dernier. De son passage auprès du président de la République, la députée PS porte un jugement très critique sur les débuts du quinquennat du chef de l’Etat.

Jugement critique. Six mois après son éviction du gouvernement, Marylise Lebranchu est-elle encore amère envers François Hollande ? Au détour d’une petite phrase dans l’ouvrage du journaliste Cyril Graziani intitulé "Le Premier secrétaire de la République – Dans les coulisses du quinquennat",  l’ex ministre de la Décentralisation, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat se montre très critique sur la politique de François Hollande. "Marylise Lebranchu, l’ex-ministre de la Décentralisation résume ainsi ce début de quinquennat : ‘Hollande a passé son temps à faire des annonces à la con (sic)’ " est-il écrit. Si la députée (PS) du Finistère porte un jugement très cassant sur les débuts à l’Elysée de François Hollande, elle n’adhère toujours pas à la politique menée par le gouvernement.

Marylise Lebranchu n’approuve pas la politique de François Hollande

L’élue socialiste avoue aujourd’hui être presque soulagée de ne plus être au gouvernement. "J’aurais été très mal à l’aise avec la loi Travail" explique cette proche de Martine Aubry dans une interview accordée à L’Opinion le 21 août. "Le gouvernement touche à un principe : la protection contre le dumping social. On s’est trompés entre travail et emploi" indique la députée. 

in - Ambre Lefeivre - http://www.non-stop-politique.fr/ Publié le 30 Août 2016 à 15h04

01/09/2016

Éducation nationale : le vrai bilan de Najat Vallaud-Belkacem

Ce lundi 29 août, Najat Vallaud-Belkacem tenait la réunion de rentrée de son ministère. Pour Jean-Rémi Girard, son bilan rue de Grenelle se résume à une action brouillonne mêlée à un art mensonger de la communication.

 

Le Figaro – 30 Aout 2016 - Jean-Rémi Girard est professeur de français et vice-président du SNALC-FGAF.

 

À l'entendre (lors de sa conférence de presse) et à la lire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. L'École a été refondée, l'échec scolaire va être vaincu, et les rares inquiets vis-à-vis de la politique menée vont progressivement être convaincus. Rendez-vous en… 2025 (!!!) pour faire le point.

La réalité, hélas, est quelque peu différente. Car, à moins d'un an des présidentielles, le bilan de Najat Vallaud-Belkacem n'est pas brillant. D'ailleurs 21% des enseignants seulement sont en accord avec les choix politiques faits, d'après le baromètre UNSA de 2016 (syndicat pourtant très favorable aux réformes entreprises). Que s'est-il donc passé?

La plus grande part de la communication a été faite autour des fameux 60 000 postes crées. Vous pensiez que cela voulait dire 60 000 professeurs en plus devant les élèves? Que nenni! Entre le rétablissement d'une formation initiale (qui était nécessaire, mais a été fait n'importe comment), les postes non pourvus aux concours, les autres catégories de personnels incluses elles aussi dans le chiffre, on peine à y voir clair.

Une certitude: le nombre d'élèves par classe a… augmenté. Autant dire que, dans les salles des professeurs et les salles des maîtres (quand ces dernières existent), on l'a un peu mauvaise.

 

Fer de lance de la politique ministérielle, la fameuse réforme du collège et celle, conjointe, des programmes, vire au casse-tête. Des programmes sur des cycles de 3 ans alors que l'on a les élèves qu'une seule année en face de soi. La suppression de tout ce qui dépassait (le latin et le grec parvenant encore à survivre, mais avec des horaires atrophiés). De l'accompagnement personnalisé en classe entière et sur les heures de cours (cette blague!). Des projets obligatoires parfaitement bureaucratiques, à articuler avec les programmes sus-nommés, on ne sait trop comment.

Moins de français en sixième pour les élèves en difficulté, alors que les études même du ministère montrent que la maîtrise de la langue à l'entrée au collège se dégrade depuis plus de 20 ans. En bref, une fois encore, les bons sentiments conjugués à une forte dose d'idéologie pédagogique (et à un soupçon d'intérêt économique) ont donné naissance à un machin qui, au mieux, ne servira à rien. Les collègues se débrouilleront pour tenter de continuer à enseigner correctement au milieu de la multiplication d'injonctions et des obstacles bureaucratiques placés sur leur chemin. Dans cinq ans, on les accusera de ne pas avoir compris la réforme, on dira qu'on n'est pas allé assez loin, et on refera la même chose, en pire. On a l'habitude, désormais.

On n'oubliera pas quelques traits de génie supplémentaires. La «priorité au primaire», qui s'est évanouie dans la nature. La suppression intégrale du redoublement, sans rien mettre en place pour aider les élèves perdus. Le refus de faire un bilan objectif de la réforme du lycée précédente — et pour cause, vu qu'elle ressemble à s'y méprendre à une certaine réforme du collège… Il ne faudrait pas non plus trop faire savoir à quel point ce que le ministère met en place ne fonctionne pas.

On appréciera certaines choses, comme la remise à plat de tous les métiers et des carrières qui vont avec, même si annoncer une revalorisation salariale pour 2017 est un peu «gros». Qu'on se rassure, pour la plupart des collègues, elle ne compensera pas la perte de pouvoir d'achat qu'ils subissent.

La ministre communique. Beaucoup. Et ment. Beaucoup.

Mais s'il n'y avait qu'une seule chose à retenir du passage de la ministre rue de Grenelle, c'est la communication. Qu'on soit bien d'accord: ce n'est Najat Vallaud-Belkacem qui «fait» les réformes, mais la technostructure. La ministre rend quelques arbitrages, mais l'essentiel est produit par d'inamovibles hauts fonctionnaires. En revanche, la ministre communique. Beaucoup. Et ment. Beaucoup. Elle invente des heures de français supplémentaire au primaire, qui correspondent en fait aux heures de cours des autres matières. Elle fait croire que 70% des collégiens vont faire du latin, alors qu'elle a porté un coup terrible à cet enseignement, qualitativement et quantitativement. Elle laisse penser que les langues vivantes, notamment l'allemand, sortent renforcés de la suppression d'environ 40% des classes bilangues et de 100% des sections européennes. Et ça n'en finit pas. Au fond, c'est probablement autant pour sa communication que pour ses réformes que la ministre suscite un tel rejet. Qu'on mène une politique inefficace et même nuisible est une chose. Qu'on fasse passer ceux qui sont, in fine, en charge de l'appliquer pour des idiots qui n'ont rien compris à coup de contre-vérités dans tous les médias en est une autre.