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26/01/2017

Primaire : les piques du débat de l'entre-deux tours

Le débat entre les deux finalistes du scrutin est plus animé que les joutes précédentes. Le Figaro sélectionne les «punchlines» les plus saignantes des deux candidats.

  1. Manuel Valls: «Il ne faut pas créer des illusions, il faut dire la vérité aux Français». L'ancien premier ministre se place en candidat du «pragmatisme», qui pense que «la victoire est possible», face à Benoît Hamon, qui souhaite un «futur désirable».
  2. Benoît Hamon: «Ceux qui sont contents d'aller travailler le matin, et d'ailleurs ce sont eux qui font les lois Travail». Abordant sa vision du monde du travail, L'ancien ministre de l'Éducation fait ici référence à la loi El Khomri, défendue par Manuel Valls, et qu'il souhaite abroger s'il est élu.
  3. Benoît Hamon: «Tu n'as à opposer aux études sur la raréfaction du travail que ta foi». Lors de la première interpellation directe de ce débat, le candidat de l'aile gauche s'en prend à son adversaire, qui s'oppose à son projet de revenu universel, pensé pour pallier la raréfaction des emplois.
  4. Manuel Valls: «Je suis le candidat de la feuille de paie, je ne veux pas que Benoît Hamon soit le candidat de la feuille d'impôt». L'ancien premier ministre, qui critique ici le financement du le revenu universel proposé par Benoît Hamon, en profite pour piquer le slogan d'Arnaud Montebourg, qui se présentait avant le premier tour comme le «candidat de la fiche de paie».
  5. Benoît Hamon: «Chaque fois qu'un dogme, c'est imposer ses convictions aux autres, je le combats. La laïcité peut être utilisée comme un glaive contre nos compatriotes musulmans.» Le candidat de l'aile gauche exprime ici ses divergences de vue avec Manuel Valls sur la laïcité, notamment sur la question du voile, que l'ancien premier ministre considère comme un «asservissement».
  6. Benoît Hamon: «J'ai voté contre la déchéance, j'aurais voté contre la loi travail si tu n'avais pas utilisé le 49-3» Une attaque évidente contre le 49-3 utilisé par Manuel Valls sur la loi El Khomri, que Benoît Hamon a combattu.
  7. Manuel Valls: «J'ai toujours respecté des règles, ça n'a pas toujours été le cas de Benoît ces dernières années.»La pique finale de Manuel Valls à l'encontre de Benoît Hamon.
  8. Benoît Hamon: «Respecter les règles c'est commencer par respecter les programmes sur lesquels on a été élu». La réplique immédiate du candidat de l'aile gauche.

23/01/2017

Primaire de la gauche : comment les chiffres du scrutin ont été manipulés

in : LE MONDE | 23.01.2017 à 16h02 • Mis à jour le 23.01.2017 à 17h55 | Par Samuel Laurent

Le Parti socialiste se perd en explications sur le taux de participation. Quelques calculs simples prouvent bien qu’il y a eu une manipulation de ce chiffre.

28%C’est le chiffre magique qui montre bien comment la haute autorité de la primaire a manipulé le nombre de participants du premier tour, dimanche 22 janvier. Il est assez facile à établir :

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On le voit, les pourcentages restent quasi identiques (à 0,1 point près pour Sylvia Pinel), mais le nombre de voix n’est plus le même : précisément, il y en 352 013 de plus.

Un ajout de 28 % pour chaque candidat :

Comment est-il possible d’augmenter le nombre de voix sans modifier la répartition de celles-ci ? C’est toute la question. Nous avons calculé rapidement combien chaque candidat a gagné de voix :

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Voici une capture d’écran des résultats tels qu’ils apparaissaient sur le site de la primaire lundi à 0 h 45 :

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En clair, les 352 013 voix ont été réparties à quasi-égalité (à quelques décimales près) entre tous les candidats, ne modifiant donc qu’à l’extrême marge les résultats constatés à 21 heures. Ce qui serait sinon impossible, du moins très fortement improbable, naturellement.

Alors d’où vient le problème ? Christophe Borgel, président du comité d’organisation de la primaire, interrogé par Libération, parle d’un « bug » :

« Il y a eu un bug, rien de plus. Et c’est un peu de ma faute. Il y avait beaucoup de pression autour du niveau de participation. J’ai demandé à ce que les résultats soient actualisés au plus vite. Et, effectivement, on a appliqué au nouveau total de votants les pourcentages de la veille. »

Selon l’explication de M. Borgel, les organisateurs se sont donc contentés de prendre le nouveau score de votants avec les 352 013 voix supplémentaires, de calculer que cela représentait une progression de 28 %, et donc de donner à chaque candidat 28% de voix en plus. Ce qui revient à reconnaître que ces chiffres ont bien été manipulés.

 

Gonflage de chiffres, hasard statistique, ou incompétence ?

Mais cette explication peut-elle suffire ? En réalité, il y a trois possibilités :

Première hypothèse : les voix ont été décomptées, et par un miracle statistique de l’ordre d’une chance sur mille, elles se sont réparties presque exactement comme les précédentes en ne modifiant en rien les scores de chacun. Peu probable.

Deuxième hypothèse, fermement démentie par M. Borgel : ces voix n’existent pas, c’est un ajout artificiel pour gonfler la participation. Mais pourquoi l’avoir fait entre minuit et 10 heures du matin, alors que l’attention médiatique n’était plus dans les chiffres de participation mais sur le résultat ?

Troisième hypothèse : le Parti socialiste (PS) a donc ajouté 352 013 voix entre minuit et 10 heures du matin, c’est établi. Mais ces voix existent-elles réellement ? Si oui, cela signifie qu’à minuit le PS n’avait à sa disposition qu’un total de voix, sans leur répartition, et qu’il restait donc 352 013 bulletins non dépouillés. Ce qui n’aurait toujours pas été fait, puisque les chiffres n’ont pas varié depuis ce matin.

C’est l’hypothèse qu’invoque M. Borgel auprès du Monde. Il assure que, lundi matin, il a demandé une actualisation du seul chiffre de participation, mais qu’en ajoutant celui-ci, le tableau a automatiquement donné nos fameux 28 % supplémentaires à chaque candidat.

Si on croit la parole de M. Borgel, qui plaide sa « totale transparence », la haute autorité aurait donc communiqué à minuit une répartition provisoire des voix par candidat, puis aurait commis une erreur en « actualisant » le seul chiffre de participation, ce qui aurait automatiquement ajouté des voix (en même proportion) aux candidats. Ce nombre de voix erroné serait ensuite resté en ligne toute la journée sur le site de résultats de la primaire, sans que rien ne soit fait pour – par exemple – mettre la page hors ligne, ou y ajouter un message prévenant que ces chiffres sont faux.

Une réponse insuffisante

Ce qui pose d’autres questions : d’une part, cela signifie que la tableur utilisé par le PS avait une formule pour répartir automatiquement un nombre total de votants par candidat en fonction du score (en pourcentage) de ceux-ci. Mais la logique voudrait l’inverse : que ce score en pourcentage soit le résultat du calcul. Or dans ce qu’explique M. Borgel, les résultats en voix sont fonction des résultats en pourcentages.

Ensuite, dans ce cas, pourquoi ne pas avoir corrigé ces chiffres, en ligne depuis plusieurs heures ? M. Borgel assure qu’il attend désormais « d’avoir le maximum de bureaux validés pour ne pas repartir dans une nouvelle polémique », et refuse de communiquer les chiffres en nombre de voix avant que ceux-ci soient validés – alors que le site des résultats affiche bien des nombres de voix non validés depuis hier soir.

Surtout, comme l’explique Libération, des corrections ont eu lieu à la marge pour modifier à plusieurs reprises le score de Sylvia Pinel, et ce durant la journée. Il aurait été possible de modifier les scores de cette dernière, mais pas la page ?

Reste que près de vingt-quatre heures après le vote, impossible de connaître le score de chacun des candidats en nombre de voix, ni même, de fait, leur score définitif. Ce qui ouvre la voie à tous les soupçons.

18:50 Publié dans Arnaque | Lien permanent | Commentaires (0)

18/01/2017

Mélenchon et le PCF s'écharpent sur les législatives

Pour l'heure, à trois mois des élections législatives, chaque camp - le Parti communiste d'un côté, la France insoumise de l'autre - avance séparément. Les deux formations se retrouvent pour en discuter le 23 janvier.

Ça risque d'être le prochain point de friction entre Jean-Luc Mélenchon et les communistes. Car s'ils ont finalement décidé de soutenir le candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle, ces derniers ne comptent pas se ranger derrière lui pour les législatives de juin prochain. Lundi, deux jours après un conseil national du PCF, Pierre Laurent a tenu une conférence de presse pour présenter une première salve de 253 investitures communistes.

"Il y a toute une série d'endroits où nous avons pris contact localement (avec la France insoumise) et où nous nous heurtons à des portes qui sont plutôt fermées", a regretté le secrétaire national du PCF lundi. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a effectivement affirmé sa volonté d'être présent dans les 577 circonscriptions.

"Face à des sortants communistes, on ne voit pas pourquoi il y aurait un candidat de la France insoumise"

Si aucun arrangement n'est trouvé, de nombreux bastions traditionnels du Parti communiste seront disputés par des candidats investis par la France insoumise. C'est le cas notamment de la circonscription d'André Chassaigne, chef de file des députés Front de Gauche. L'élu du Puy-de-Dôme n'était pas favorable au soutien du PCF à Jean-Luc Mélenchon et s'était dit "prêt" à être candidat à la présidentielle. Idem pour celle de Nicolas Sansu dans le Cher. "Face à des députés communistes sortant qui appellent à voter Jean-Luc Mélenchon, on ne voit pas pourquoi il y aurait un candidat de la France insoumise", avait déjà déclaré Pierre Laurent la semaine dernière. "Ou alors, il faut accepter tous ensemble de se tirer une balle dans le pied!", ajoutait-il. "Notre effort prioritaire portera évidemment sur ces circonscriptions pour éviter la concurrence inutile de candidatures de la France insoumise", a complété Pierre Laurent lundi.

Du côté de la France insoumise, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, est lui annoncé à Montreuil, circonscription perdue en 2012 mais "gagnable" selon le PCF. Une rencontre entre le Parti communiste et la France insoumise est prévue le lundi 23 janvier.

La "charte" du candidat Mélenchon

Au coeur de la discorde : la "charte du candidat" imposée par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et censée garantir l'identification graphique avec un "label" France insoumise obligatoire ; et le rattachement financier au mouvement. L'objectif est d'aboutir à un décompte national unique des voix, contrairement à ce qui a pu arriver aux dernières élections intermédiaires. Mais au-delà, la charte impose aussi par exemple la "discipline de vote" au sein du futur groupe parlementaire.

 

"Nous ne signerons pas cette charte", a répété plusieurs fois Pierre Laurent, refusant toute "logique de fusion". "Ce n'est pas tout noir tout blanc, c'est une construction. Mais en l'état actuel des choses, avec le cadre proposé, ce n'est pas possible", a confirmé Fabien Roussel, secrétaire fédéral du PCF dans le Nord, où trois députés communistes sortant se représentent. Il déplore le risque pour le PCF de ne pas récupérer les financements publics s'il ne se présente pas en son nom. "Pour l'instant, on a une fin de non-recevoir mais peut-être qu'ils se détendront", temporise-t-il, espérant qu'il "sera encore temps de siffler la fin de la récré" après la présidentielle.

Les communistes "veulent se mettre autour d'une table, à l'ancienne"

De son côté, le directeur de campagne de Mélenchon, Manuel Bompard, préfère temporiser. "On n'est pas encore à la fin, on va voir s'il y a des discussions et si oui, dans quels termes", explique-t-il à l'AFP. Selon lui, "des communistes ont signé la charte" et figurent parmi les 120 premiers investis de la France insoumise. Combien? "Une dizaine", concède-t-il. Plus virulente, Leïla Chaïbi, coordinatrice de "l'espace politique de la France insoumise", regrette une attitude "suicidaire". Les communistes "veulent se mettre autour d'une table, à l'ancienne, et négocier des accords en se partageant le gâteau". L'argument financier ne tient pas, déconstruit-elle, puisque "chaque candidat indique à quelle organisation il veut reverser l'argent. Il n'y aura pas un centime de perdu pour les communistes". Il reste quelques semaines aux deux formations pour tenter de trouver un accord.

 

 À partir des objectifs du mouvement de la France insoumise, de la synthèse de la cogitation insoumise de la Convention de Lille sur les élections législatives et des contributions des différents espaces de la campagne, une charte pour les candidats investis par la France insoumise a été élaborée. Elle est consultable ci-dessous.

 Charte des candidat.e.s de la France insoumise

POUR LES CANDIDATS INVESTIS PAR LA FRANCE INSOUMISE AUX ELECTIONS LEGISLATIVES DE 2017

 Avec l'inversion du calendrier électoral, les élections législatives sont plus que jamais liées à l'élection présidentielle. Il n'y a pas 577 élections ayant chacune sa propre dynamique et sa propre stratégie électorale. Cela a été méconnu parfois dans le passé. Nous ne devons pas recommencer cette erreur.

 Nous devons donc construire notre campagne législative en cohérence totale avec la campagne présidentielle et pour cela avoir des candidats investis par la France insoumise dans toutes les circonscriptions, c’est à dire qui s’engagent à respecter la présente charte.

 Notre but est d’avoir une majorité à l’assemblée en cas d’élection à la présidence afin d’appliquer le programme pour lequel le peuple nous aura donné mandat. Et, dans tous les cas, d’avoir le plus possible de député-e-s pour mener la bataille pour nos idées dans l’hémicycle et dans la société.

 Dans notre vision de la révolution citoyenne que doit accomplir notre pays, le groupe des députés doit être entièrement au service de la mobilisation du peuple, l’éclairer, l’accompagner, la nourrir, porter sa parole dans l’hémicycle et par les votes. Il ne peut donc évidemment s’agir d’un groupe de député-e-s agissant selon leurs seuls choix personnels, ne rendant de compte à personne et ne respectant aucune discipline d’action collective. Nous refusons là aussi les tares de la 5ème République.

 De cette orientation générale nous tirons les leçons suivantes qui constituent la Charte à laquelle doit souscrire chaque homme et chaque femme candidat-e en notre nom.

 Celles et ceux qui accepteront cette investiture s'engagent à : soutenir Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle ; faire campagne sur le même programme national : « L’avenir en commun » ; se rattacher à l'étiquette politique « La France insoumise » lors du dépôt de candidature afin de participer à la totalisation des voix au niveau national ; se rattacher à l'association de financement « La France insoumise » lors du dépôt de candidature, ce qui inclut la possibilité d'accords de reversement entre cette association de financement et les candidats ou le groupement politique particulier qu’ils désigneront pour la première comme pour la seconde fraction du financement public, ; le sigle et l’intitulé national de campagne de France Insoumise, en respectant leur charte graphique, seront intégrés dans le matériel de propagande R39 (affiche officielle, circulaire électorale, bulletin de vote) ; siéger au sein du groupe qui sera constitué pour construire une coopération politique entre les députés de France Insoumise ou le mouvement auquel elle aura contribué à donner naissance si telle est la décision que nous prenons collectivement à l'issue des élections ; élire le/la présidente et le bureau du groupe ainsi constitué ; respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l'Avenir en commun ; assumer au nom du groupe au moins deux réunions publiques par an hors de sa circonscription à l’invitation des groupes locaux issus de la France insoumise ; construire une coopération politique entre les député-es et le mouvement France insoumise, quelle que soit la forme que les signataires lui auront donné alors, afin d'examiner ensemble les projets de loi les plus importants,s'accorder sur les propositions à porter aux débats de l'assemblée nationale et le consulter pour chaque vote important et notamment celui du budget de l’Etat et de la sécurité sociale.

 Par ailleurs, dans ce moment de défiance totale vis-à-vis des élus, les député-es de la France insoumise devront avoir un comportement exemplaire. Pour cela, les candidates et candidats s’engagent à :

 

  • signer la charte de l’association indépendante ANTICOR
  • renoncer à leur mandat local en cas d'élection comme député-e afin de respecter le principe de non cumul et se consacrer pleinement à leur mandat ;
  • n’accepter au cours de leur mandat aucun don, cadeau ou prêt, de nature à les influencer pour favoriser les intérêts d’une personne privée ou d’une personne morale et dénoncer publiquement toute tentative de corruption avérée ;
  • lutter contre toutes les dépenses somptuaires et contre tout ce qui serait un privilège en inadéquation avec la stricte fonction représentative de l’élu ;
  • respecter les procédures de transparence proposées par la France insoumise, notamment concernant la réserve parlementaire si celle-ci n'est pas supprimée ;
  • déposer et défendre une proposition de loi afin de réintégrer le régime de retraite des députés au sein du régime national de la sécurité sociale ;
  • poursuivre tout au long du mandat le travail d’échanges avec les associations, syndicats, réseaux ou collectifs rencontrés au cours de la campagne.
  • Publier un compte rendu de mandat régulier

 Les candidates et candidats doivent être à l'image des valeurs que porte la France insoumise. Ils doivent aussi représenter les classes populaires aujourd'hui exclues du champ de la représentation politique.

C'est pourquoi les syndicalistes, les lanceurs d'alerte, les militants associatifs, les chercheurs et intellectuels engagés, les féministes, les écologistes, les paysans, les militants des quartiers populaires sont invités à se porter candidats.

Des assemblées citoyennes de circonscriptions formées pour l'occasion identifieront un vivier des candidats les plus pertinents. Au besoin un travail pourra avoir lieu ponctuellement au niveau départemental pour faciliter le « repérage », la sollicitation et la répartition des candidat-e-s.

Un comité électoral national représentatif de ce qu’est la campagne de France Insoumise, donc incluant aussi des représentants de toutes les forces y participant, travaillera en lien avec ces assemblées. Il veillera à la répartition des candidat-e-s sur le territoire et à faire respecter, notamment, une stricte parité des candidatures et la diversité sociale du pays et la diversité politique des signataires de la France Insoumise.

07/01/2017

Christophe Bejach, fondateur de Terra Nova, condamné pour pédophilie et pédopornographie

L’homme d’affaires a été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour tentative d’abus sexuels sur mineurs et détention d’images pédopornographiques…

Christophe Bejach, membre fondateur du think tank Terra Nova et ancien conseiller d’Arnaud Montebourg au ministère du Redressement productif vient d’être condamné pour pédopornographie  en Grande-Bretagne, révèle le Daily Mail.

L’homme d’affaires français a été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour tentative d’abus sexuels sur mineurs et détention d’images pédopornographiques. Il s’est fait arrêter à Londres alors qu’il tentait d’organiser des séances photo en lingerie avec trois fillettes de 8, 10 et 12 ans. Christophe Bejach s’est fait démasquer par une policière qui s’était fait passer pour la mère des trois jeunes filles, et à qui il avait décrit « ses fantasmes sexuels ». Selon le site Court News UK, une soixantaine d’images pédophiles auraient été retrouvées dans son ordinateur.

Le tribunal londonien lui a également infligé 100 jours de traitement médical et 117.210 euros d’amende. Son nom a également été inscrit pour dix ans au fichier des délinquants sexuels.

In « 20 minutews » - 6 Janvier 2017

 

Selon le site Court News UK, 60 images pédophiles, incluant des photographies de pénétration, ont été retrouvées dans l'ordinateur de Christophe Bejach.

In « Le Lab d’Europe 1 » - 5 Janvier 2017

14/12/2016

Vincent Peillon accusé de devoir 20.000 euros au PS

in "Le Figaro" - Arthur Berdah Publié

 

Épinglé pour n'avoir pas payé sa quote-part d'eurodéputé ni sa cotisation depuis plus de trois ans, le candidat à la primaire à gauche pourrait être disqualifié d'office s'il ne rembourse pas ses dettes avant le 15 décembre.

Sitôt sa candidature annoncée, sitôt viennent les premiers obstacles. Vincent Peillon, qui a surpris tout le monde en se lançant dans la primaire à gauche après plus de deux ans de retrait, pourrait finalement être empêché de concourir. En cause, le fait qu'il n'aurait, selon Le Canard enchaîné, pas payé sa quote-part d'eurodéputé ni sa cotisation au Parti socialiste depuis plus de trois ans. Soit une dette d'environ 20.000 euros... qui entraîne sa démission automatique du parti.

Interrogé mardi soir en marge d'une réunion de ses soutiens à la Gaîté lyrique (IIIe), l'ancien ministre de l'Éducation nationale n'a pas démenti l'information. Au contraire, il a même promis de rectifier le tir au plus vite. «Il y a plus de 20 ans que je suis au PS. S'il y a des cotisations à mettre à jour, je les mettrai à jour avant le vote - et le dépôt des candidatures c'est jeudi -, je le ferai avec plaisir. (...) Cette question va être réglée, vous allez voir, dans les 24 heures», a-t-il assuré à LCI.

Toutefois, il a laissé entendre que cette fuite pourrait avoir été téléguidée par ses adversaires pour le disqualifier. «Je veux un beau débat d'idées, pas un échange de boules-puantes. Donc si certains sont un peu nerveux... (...) Vraiment j'appelle chacun - je le fais depuis un moment - à faire un débat d'idées, et j'aimerais qu'on fasse attention, surtout qu'on est devant les Français, à pas faire ce genre de choses. C'est pas exactement au niveau d'une présidentielle», a-t-il jugé.

Assurant qu'il n'y avait selon lui «aucune difficulté», il a finalement ajouté: «Je veux vraiment dire à chacun “faites attention”, parce que ça juge plutôt ceux qui emploient ce genre d'arguments. On va avoir un beau débat d'idées, je suis au Parti socialiste depuis plus de 20 ans, j'en ai été un dirigeant pendant 20 ans, j'ai été... Bon, voilà, donc, euh... Vraiment, je souhaite qu'on passe à autre chose. (...) Mais c'est déjà un petit peu dommage d'avoir fait ça», a-t-il enfin glissé.

Selon RTL, Vincent Peillon suspecterait l'entourage de Manuel Valls d'être à l'origine de ces révélations après que l'une de ses soutiens, la secrétaire d'État aux Personnes âgées Pascale Boistard, aurait elle-même évoqué cette ardoise en Conseil des ministres. Pourtant, interrogée en marge de la réunion des soutiens de Manuel Valls qui se tenait mardi soir à la Maison de la Chimie (VIIIe), celle-ci a botté en touche: «Ah ben ça, faut interroger le premier fédéral de la Somme».

12/12/2016

Comment Hollande a tué la recherche

François Hollande avait-il promis, en 2012, d’améliorer le financement de la recherche publique et des universités ? Oui. Dans son discours du Biopole de Nancy, le 5 mars 2012 (que j’avais publié dans son intégralité sur le blog {Sciences²}  alors tenu sur le site Web de Libération. Un discours annoncé à tous les acteurs de la recherche et de l’université par Vincent Peillon comme celui qui allait exposer clairement les ambitions et le programme de François Hollande dans ce domaine. Il y fustigeait la politique de Nicolas Sarkozy : «En dix ans, en intensité de recherche nous sommes passés de la 4e à la 15e place des pays de l’OCDE. Pour un pays qui ne cesse de parler d’excellence, ce n’est pas concluant ! La recherche publique civile, contrairement à ce qui peut se dire, est en forte baisse : les organismes de recherche, l’Agence nationale de la recherche elle-même voient leurs crédits baisser dans des proportions importantes. Pour cette année, 12 % de baisse pour le CNRS et 15 % de baisse pour l’ANR. » Et d’annoncer une politique à l’opposé.

L’a t-il fait ? Non. Qui le dit ? Bercy, bien sûr, avec ses chiffres. Les opposants de gauche à sa politique. OK. Quelques journalistes. Certains font leur travail. Mais si vous avez un doute sur ces appréciations en raison de leurs origines, faites simple. Il suffit de vous tourner vers les partisans de la politique de François Hollande, dès lors qu’ils se trouvent en situation d’avouer une vérité qui ne leur plait pas.

Le cri du cœur du sénateur

Le cri du cœur provient donc d’un sénateur, fidèle soutien du président, Michel Berson. Sénateur de l’Essonne. Impliqué dans les travaux parlementaires sur le budget de la recherche. Connaisseur du sujet en raison son implantation à Orsay et Saclay où se trouvent l’université Paris-Sud, le CEA, de multiples grandes écoles d’ingénieurs, le synchrotron national Soleil, etc. Membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), Michel Berson participait donc à sa longue audition sur la stratégie nationale de la recherche, tenue jeudi 8 décembre, salle Lamartine à l’Assemblée Nationale. J’ai déjà fait référence à cette audition dans une note précédente soulignant l’hypocrisie des propos du secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, Thierry Mandon au sujet des personnels et en particulier des jeunes précaires virés des laboratoires en masse depuis cinq ans.

de réunion, les langues se délient un peu. Après qu’un participant, un peu horrifié de ce qu’il disait demande à la cantonade « il n’y a pas de journalistes au moins ? », Michel Berson fit cette proposition formidable. « L’Allemagne est à 3 % de son PIB pour la recherche, la France se traîne toujours à 2,3 % depuis 2000 dont 0,8 % pour la recherche publique. Pour rattraper l’Allemagne, avec une recherche publique à 1 % du PIB, il faut une loi pluriannuelle de programmation d’une augmentation de 1 milliard chaque année de notre budget consacré à la recherche publique durant cinq ans. »

Assis derrière moi, un physicien dont je tairai le nom, qui occupa un poste important au synchrotron national Soleil, ne tint plus. Et explosa de colère : « Mais pourquoi ne pas l’avoir fait depuis cinq ans, avec la gauche majoritaire à l’Assemblée et le proposer maintenant alors qu’elle pourrait bien ne plus l’être en 2017 ! » Curieusement, cette proposition recoupe d’assez près une revendication portée depuis le début du quinquennat par diverses organisations syndicales  (SNCS-FSU, Snesup-FSU, SNTRS-CGT) et par des mouvements comme Sciences en marche, Sauvons la recherche ou Sauvons l’université.

Le cri du cœur du directeur général de Paris-Saclay

Michel Berson n’est pas le seul à manger le morceau, lors de cette réunion très peu suivie par la presse. En voici un autre, Claude Chappert, qui jouit de la confiance du gouvernement puisqu’il l’a récemment mis aux manettes de l’opération Paris-Saclay. Ce directeur général de la Fondation de coopération scientifique censée mettre en place le futur campus Paris-Saclay, rien moins que la plus grande concentration de chercheurs du pays, a toutefois un défaut pour le gouvernement.

Claude Chappert, passé par l’activité de chercheur, titulaire d’une médaille d’argent du CNRS pour ses travaux en micro-électronique, ne sait pas s’en tenir à la langue de bois des hauts fonctionnaires (dé)formés à l’ENA. En fin de réunion, il a lui aussi son cri du cœur : «les taux de succès à l’ANR se sont écroulés… mais les crédits récurrents aussi !», pour indiquer à quel point les laboratoires sont en peine. Et pourtant, il parle du nec plus ultra de la recherche française, connectée aux enjeux industriels et l’emploi de demain. Le graphique ci-dessus montre l’écroulement des taux de succès des projets des chercheurs en réponse aux appels d’offre de  l’ANR. Il s’arrête en 2012, mais depuis la situation s’est encore dégradée. En 2014, le taux de succès de l’appel d’offres principal de l’ANR avait chuté à 8,5 % ! En 2015, malgré la diminution forte du nombre de projets proposés, tant le découragement fait rage dans les labos, le taux est resté inférieur à 10 %. Une catastrophe, entraînant une véritable crise dans le système de l’ANR, avec démissions en cascade de chercheurs membres des comités d’évaluation, ulcérés de se voir mêlé à une sorte de « mascarade », une « loterie » dénuée de valeur scientifique.

Sciences en marche livrait en 2014 ce petit calcul pour le seul CNRS afin de quantifier la perte des moyens des laboratoires sur la durée. En 2004, la dotation aux laboratoires était de 194 M€ en euros constants valeur 2013 contre 145,2 M€ en 2014. Cette perte de 26 % est une estimation minimale, car entre les deux dates, de nombreuses charges d’infrastructure (entretien des bâtiments, électricité, eau) ont été portées aux budgets des laboratoires, alors qu’elles étaient financées par ailleurs en 2004. Il est intéressant de comparer cette perte aux frais de gestion de l’ANR en 2015, près de 33 millions d’euros en 2014, alors que le travail de cette structure – la répartition des crédits – était auparavant réalisé par les organismes de recherche, les universités ou les services ministériels sans que cela coûte un sou de plus que leurs budgets normaux.

Coupes budgétaires à répétition

Geneviève Fioraso et Thierry Mandon ont longtemps cherché à masquer le reniement de François Hollande sur les budgets de la recherche et des universités. En annonçant chaque année des augmentations mirobolantes de crédits.  Sauf que la pratique consistant à voter des crédits en loi de finances initiale (LFI) puis à les sabrer en cours d’année a perduré. En témoigne l’analyse de l’exécution du budget 2014 dans un rapport parlementaire démontrant la disparition de près d’un milliard entre la LFI et la réalité budgétaire. Dans ce rapport (de Michel Berson et Philippe Adnot), il est précisé que la perte pour le budget strict de la recherche publique équivaut à 6 % de son total.

Même pratique pour les postes d’universitaires annoncés en hausse chaque année. Mais ces créations de poste n’ont même pas suivi l’augmentation des effectifs étudiants. Quant aux postes annoncés, le tarif d’évaporation en cours d’année fait plus que doubler celui des crédits de recherche : le rapport Adnot-Berson estime que 15 % des postes annoncés par le ministère ne sont pas créés, car les universités, devenues autonomes au plan budgétaire, n’ont pas les crédits pour les salaires correspondants. Dans son discours de Nancy, François Hollande s’élevait contre cette pratique de Nicolas Sarkozy – ne pas compenser le transfert de charges du ministère aux universités – aboutissant à l’asphyxie financière des universités et « le gel de nombreux postes ». Un processus aggravé par la vaste réorganisation des universités (autonomie budgétaire, fusions, Comue, IDEX…) qui a donné lieu à la création de postes administratifs et d’équipes présidentielles dont le nombre et les salaires en augmentation très rapide et parfois très loin des standards universitaires ont grevé les budgets.

Le bilan de François Hollande pour les moyens accordés à la recherche et aux universités est donc net. Non, il n’a pas tenu les promesses de 2012. Et le refus de l’admettre pèse sur la sincérité du débat politique pour les prochaines élections.

27/11/2016

2017 : un samedi pour rien autour de Martine Aubry

in Le Figaro - le scan

Samedi, la maire de Lille ne s'est engagée pour personne quand Claude Bartolone appelle Hollande et Valls à se présenter à la primaire.

C'est en revenant vers 15h de la pause-déjeuner que Martine Aubry a réalisé, samedi, combien Claude Bartolone lui avait ruiné son Carrefour des gauches et de l'Ecologie organisé à Bondy, en Seine-Saint-Denis. Plongée dans sa journée, elle n'avait pas réalisé jusque là l'ampleur prise par les propos du président de l'Assemblée nationale….

Samedi matin, en arrivant sur place, la maire de Lille, sûre d'elle, a prévenu les journalistes: «Vous allez être déçus si vous attendez des petites phrases et des noms, vous pouvez partir, parce qu'il n'y en aura pas!» Quelques minutes plus tard cependant, Claude Bartolone se lance, et se lâche. Sans même avoir prévenu ses proches. Il ne sait pas pour qui il votera encore mais il sait «une chose»: «ce n'est pas une petite primaire qui peut nous sauver». Le président de l'Assemblée nationale veut que toutes les grandes figures de la gauche participent, de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron, mais aussi, Manuel Valls et François Hollande. L'un face à l'autre… Il le dit à deux reprises devant la presse, pour insister. «S'ils se sentent et l'un et l'autre porteurs d'un projet pour la France, s'ils sentent qu'ils ont des choses à dire aux Français, autant qu'ils aillent à la primaire, et que l'on puisse les voir se rassembler au second tour de cette primaire». De quoi susciter une certaine houle au sein de l'exécutif alors que lundi et mardi Claude Bartolone - qui a été très blessé par les propos de François Hollande à son égard dans le livre Un président ne devrait pas dire ça - accompagne Manuel Valls en Tunisie. C'est la seule houle qui aura soulevé cette journée destinée à recomposer la gauche, mais plus précisément le Parti socialiste… Du moins ce PS qui, «s'il fera sans doute des choix différents à la primaire, est capable d'affirmer un substrat commun», explique le débuté Laurent Baumel, soutien d'Arnaud Montebourg… Un PS pas franchement hollandais et pas vraiment vallsiste. Le soutien de Bartolone est plutôt un soutien par défaut.

Alors qu'aucun des candidats déclarés à la primaire du PS n'était présent, pour laisser place au débat de fond, Martine Aubry ne s'est surtout pas engagée… «La candidature que nous défendons ici, c'est celle des idées et des valeurs», a-t-elle lancée, se contentant de critiquer Manuel Valls. «Ceux qui pensent, y compris à gauche, que l'identité devrait supplanter l'égalité se trompent complètement». «Arrêtons de spéculer sur la droitisation de la société, la droitisation n'existe que quand on ne porte pas les valeurs de la gauche», a encore ajouté la maire de Lille, furieuse d'avoir été attaquée par le secrétaire d'État aux relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen. Dans la semaine sur le JDD, ce dernier avait ironisé sur le programme «Radio Nostalgie» de Martine Aubry. Elle lui a répondu au micro: «je suis heureuse d'être archaïque». Proche de Martine Aubry, le député Jean-Marc Germain a dénoncé en coulisses «la vulgarité» des propos de Jean-Marie Le Guen…

Présente elle aussi à cette journée, Christiane Taubira a fait… du Christiane Taubira, prévenant que «des grondements sourds grincent dans le secret de l'isoloir…» Elle a évoqué «des actes perturbants, imprévus, difficiles à défendre» accomplis durant ce quinquennat, soulignant que la gauche n'est «pas condamnée à la déréliction qui semble frapper». Sans pour autant que l'on comprenne bien si, oui ou non, elle pourrait soutenir à la primaire une candidature de François Hollande, un autre et lequel, ou se présenter elle-même sachant que la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 15 décembre…

Même ambiguïté pour Martine Aubry qui a accueilli, en septembre à Lomme, une université de la Belle alliance populaire du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, soutien de François Hollande… Député frondeur, Christian Paul le dit avec «affection» mais clairement: «Martine Aubry comme nous tous doit avoir le courage de s'engager dans cette primaire.» La maire de Lille «ne répond certes pas aux problèmes des militants de gauche mais elle exerce un leadership politique et moral et c'est extrêmement utile», défend-il face à ceux qui s'interrogent sur la journée.

Soutien d'Arnaud Montebourg, le sénateur PS Gaetan Gorce a twitté, lapidaire: «Carrefour des gauches c'est bien, mais à un moment il faut savoir choisir une direction. Et le faire avant la présidentielle, ce serait mieux».

Aubry pourrait avoir du mal à soutenir Montebourg du fait de leur longue inimitié. «Le problème n'est pas de soutenir un candidat à 150%, indique Paul qui devrait lui, faire connaitre son soutien dans la semaine, mais de lui apporter ses idées». Présente, la maire PS de Paris, Anne Hidalgo ne s'est pas plus engagée que les autres.

17/11/2016

François de Rugy conseille à François Hollande de ne pas se représenter

Le Figaro - Le Scan politique  Publié le 17/11/2016 à 10:34

Le député écologiste, favorable au gouvernement, étrille le chef de l'Etat jugeant qu'il «n'a pas tiré les conclusions de son quinquennat».

Rarement François de Rugy n'avait été aussi sévère à l'endroit de François Hollande. Candidat à la primaire du PS et de ses alliés, le député écologiste de Loire Atlantique a jugé mercredi qu'une candidature du chef de l'État n'était pas la bienvenue. «C'est à lui de décider mais, moi, s'il me demandait conseil, ce qu'il n'a pas fait, ce n'est pas ce que je lui conseillerais», a-t-il expliqué à L'Opinion. «Là, il ne reste plus beaucoup de temps... Qu'on réussisse avec cette primaire à désigner un candidat qui ait une chance de rassembler, de créer une dynamique pour être au deuxième tour», a-t-il émis comme souhait.

«Il faut tirer un bilan lucide»

Le vice-président de l'Assemblée nationale estime que si François Hollande se présente de nouveau à l'élection présidentielle «le débat va tourner sur le fait de savoir si oui ou non, ça vaut le coup de faire un nouveau quinquennat dans les mêmes conditions». «Alors que lui n'a pas tiré le bilan de son mandat», a souligné l'élu. Et d'insister, sévère: «(Dans) les différents livres qui sont sortis, et le dernier, Un président ne devrait pas dire ça, ce n'est pas une explication sur ce qu'il a fait, ce sont des commentaires. Par ailleurs, il ne reconnaît pas des erreurs ou des choses qui n'auraient pas fonctionné». «Donc pour faire un nouveau mandat, a-t-il poursuivi, il faut quand même avoir tiré un bilan lucide de ce qui n'a pas marché». Une nouvelle remise en cause du locataire de l'Elysée de la part d'un parlementaire légitimiste sur lequel l'exécutif pouvait compter...

31/10/2016

Législatives 2017 : la charte de Mélenchon pour obtenir un groupe discipliné

Le figaro - Par Marc de Boni  Publié le 31/10/2016 à 18:55

Les 577 candidats de la « France insoumise » devront affirmer leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle et à son programme. Un casus belli pour les élus du PCF.

Le document n'est pas encore finalisé mais des épreuves circulent: une charte sera soumise à l'ensemble des 577 candidats de la «France insoumise» qui endosseront l'investiture pour les élections législatives de juin 2017. Il s'agit pour Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens de fixer des cadres et un mode de fonctionnement qui visent à «tourner la page de ce qui n'a pas marché au sein du Front de gauche», actuellement en voie de décomposition. Les aspirants députés devront affirmer, par la ratification de ce texte, leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle, une adhésion à son programme l'Avenir en commun, le versement d'une cotisation à l'association de financement de la France insoumise et l'engagement de reconnaître les assemblées citoyennes locales.

«Après la présidentielle, nous voulons obtenir dans la foulée un groupe parlementaire fonctionnel. La charte permettra par exemple d'avoir une étiquette unique et un résultat cohérent à l'issue du dépouillement. En 2012, nous n'avions pas corrélé l'étape de la présidentielle aux législatives», regrette Éric Coquerel, le coordinateur du Parti de gauche. Une «erreur», selon lui, qui a produit une carte du vote Front de gauche de moins en moins lisible à mesure que se succédaient les scrutins du quinquennat. «On ne veut pas s'en prendre spécifiquement aux parlementaires. Mais, durant cette période, nous apprenions parfois les décisions des députés du Front de gauche par voie de presse. Ce n'est pas vraiment démocratique. Il paraît normal d'attendre une démarche plus collaborative», fait valoir l'élu francilien.

Les députés du PCF en ligne de mire

 

Visée par cette charte: la liberté de vote dont les députés du PCF jouissent depuis 1992. Pour certains élus communistes, la charte relève du casus belli. «Mélenchon déteste la liberté de vote. Il veut un retour au fonctionnement de la IIIe Internationale, avec un chef qui dicte la décision», ironise le député André Chassaigne, en référence aux usages du stalinisme. «Il souhaite revenir à l'époque ou nous étions inféodés à la discipline de parti. Mais, en démocratie, les élus ne sont mandatés que par leurs électeurs», renchérit Alain Bocquet, député PCF du Nord.

Ce vétéran du Palais Bourbon en est persuadé: «Cette charte vise à écarter les députés PCF de l'Assemblée», à l'occasion des prochaines législatives. L'état-major de Mélenchon a en effet prévenu: la «France insoumise» sera bien présente dans chaque circonscription, quitte à s'inviter sur les terres des communistes récalcitrants. Au sein du groupe parlementaire, «on ne craint rien ni personne». On espère même, à la faveur de l'effritement du vote socialiste depuis 2012, regagner un peu du terrain perdu, notamment à Saint-Denis, Montreuil ou Gennevilliers, en région parisienne. Une chose est sûre, l'un des principaux verrous qui restent pour obtenir un rapprochement de Mélenchon et des communistes est à débloquer du côté de l'Assemblée.

25/10/2016

Déjeuner de crise des soutiens de Hollande à Bercy

in Le Figaro - Par Anne Rovan Mis à jour le 25/10/2016 à 17:20 Publié le 25/10/2016 à 16:06

Une dizaine de ministres ont déjeuné ce mardi à Bercy à l'invitation de la secrétaire d'Etat au Commerce Martine Pinville, proche parmi les proches du chef de l'État.

Les invitations ont été lancées en fin de semaine dernière pour ce déjeuner qui a eu lieu ce mardi après la houleuse réunion du groupe PS à l'Assemblée. La secrétaire d'Etat au Commerce Martine Pinville, proche du président de la République, a reçu ce jour à Bercy une dizaine de ministres et parlementaires hollandais. Parmi eux, Stéphane Le Foll (Agriculture), Michel Sapin (Finances), Marisol Touraine (Santé), Patrick Kanner (Ville), Christian Eckert (Budget) et Ségolène Neuville (Personnes handicapées). Se sont également joints à ce déjeuner deux poids lourds du Parlement proches de François Hollande: le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux et son alter ego du Sénat Didier Guillaume. L'objectif de ce déjeuner était «d'avoir un échange politique sur la situation», explique une source au Figaro.

À ce stade, les participants se montrent très peu bavards sur ce qui s'est dit au cours de la rencontre. «Le déjeuner était sinistre. Différents points de vue se sont exprimés: certains participants ont défendu le président, d'autres ont exprimé des doutes», raconte une source. Il a bien sûr été question du livre des deux journalistes du Monde Un président ne devrait pas dire ça... rapportant les confidences du chef de l'Etat et de la réunion de groupe PS de la matinée, au cours de laquelle Manuel Valls a, pour la première fois, pris ses distances avec le chef de l'Etat vis-à-vis duquel il s'était toujours montré loyal. «J'ai été loyal, je l'ai été au nom des institutions. Mais je veux d'abord l'être à ma famille politique», a lancé mardi matin le premier ministre aux députés socialistes.

Mardi après-midi, à Matignon, on faisait ce commentaire: «Ce n'est pas un pas de côté de Manuel Valls. C'est un changement de contexte et de climat politique après le livre», confiait un proche conseiller.