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La gauche la plus bête du monde - Page 4

  • 2017 : un samedi pour rien autour de Martine Aubry

    in Le Figaro - le scan

    Samedi, la maire de Lille ne s'est engagée pour personne quand Claude Bartolone appelle Hollande et Valls à se présenter à la primaire.

    C'est en revenant vers 15h de la pause-déjeuner que Martine Aubry a réalisé, samedi, combien Claude Bartolone lui avait ruiné son Carrefour des gauches et de l'Ecologie organisé à Bondy, en Seine-Saint-Denis. Plongée dans sa journée, elle n'avait pas réalisé jusque là l'ampleur prise par les propos du président de l'Assemblée nationale….

    Samedi matin, en arrivant sur place, la maire de Lille, sûre d'elle, a prévenu les journalistes: «Vous allez être déçus si vous attendez des petites phrases et des noms, vous pouvez partir, parce qu'il n'y en aura pas!» Quelques minutes plus tard cependant, Claude Bartolone se lance, et se lâche. Sans même avoir prévenu ses proches. Il ne sait pas pour qui il votera encore mais il sait «une chose»: «ce n'est pas une petite primaire qui peut nous sauver». Le président de l'Assemblée nationale veut que toutes les grandes figures de la gauche participent, de Jean-Luc Mélenchon à Emmanuel Macron, mais aussi, Manuel Valls et François Hollande. L'un face à l'autre… Il le dit à deux reprises devant la presse, pour insister. «S'ils se sentent et l'un et l'autre porteurs d'un projet pour la France, s'ils sentent qu'ils ont des choses à dire aux Français, autant qu'ils aillent à la primaire, et que l'on puisse les voir se rassembler au second tour de cette primaire». De quoi susciter une certaine houle au sein de l'exécutif alors que lundi et mardi Claude Bartolone - qui a été très blessé par les propos de François Hollande à son égard dans le livre Un président ne devrait pas dire ça - accompagne Manuel Valls en Tunisie. C'est la seule houle qui aura soulevé cette journée destinée à recomposer la gauche, mais plus précisément le Parti socialiste… Du moins ce PS qui, «s'il fera sans doute des choix différents à la primaire, est capable d'affirmer un substrat commun», explique le débuté Laurent Baumel, soutien d'Arnaud Montebourg… Un PS pas franchement hollandais et pas vraiment vallsiste. Le soutien de Bartolone est plutôt un soutien par défaut.

    Alors qu'aucun des candidats déclarés à la primaire du PS n'était présent, pour laisser place au débat de fond, Martine Aubry ne s'est surtout pas engagée… «La candidature que nous défendons ici, c'est celle des idées et des valeurs», a-t-elle lancée, se contentant de critiquer Manuel Valls. «Ceux qui pensent, y compris à gauche, que l'identité devrait supplanter l'égalité se trompent complètement». «Arrêtons de spéculer sur la droitisation de la société, la droitisation n'existe que quand on ne porte pas les valeurs de la gauche», a encore ajouté la maire de Lille, furieuse d'avoir été attaquée par le secrétaire d'État aux relations avec le parlement, Jean-Marie Le Guen. Dans la semaine sur le JDD, ce dernier avait ironisé sur le programme «Radio Nostalgie» de Martine Aubry. Elle lui a répondu au micro: «je suis heureuse d'être archaïque». Proche de Martine Aubry, le député Jean-Marc Germain a dénoncé en coulisses «la vulgarité» des propos de Jean-Marie Le Guen…

    Présente elle aussi à cette journée, Christiane Taubira a fait… du Christiane Taubira, prévenant que «des grondements sourds grincent dans le secret de l'isoloir…» Elle a évoqué «des actes perturbants, imprévus, difficiles à défendre» accomplis durant ce quinquennat, soulignant que la gauche n'est «pas condamnée à la déréliction qui semble frapper». Sans pour autant que l'on comprenne bien si, oui ou non, elle pourrait soutenir à la primaire une candidature de François Hollande, un autre et lequel, ou se présenter elle-même sachant que la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 15 décembre…

    Même ambiguïté pour Martine Aubry qui a accueilli, en septembre à Lomme, une université de la Belle alliance populaire du premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis, soutien de François Hollande… Député frondeur, Christian Paul le dit avec «affection» mais clairement: «Martine Aubry comme nous tous doit avoir le courage de s'engager dans cette primaire.» La maire de Lille «ne répond certes pas aux problèmes des militants de gauche mais elle exerce un leadership politique et moral et c'est extrêmement utile», défend-il face à ceux qui s'interrogent sur la journée.

    Soutien d'Arnaud Montebourg, le sénateur PS Gaetan Gorce a twitté, lapidaire: «Carrefour des gauches c'est bien, mais à un moment il faut savoir choisir une direction. Et le faire avant la présidentielle, ce serait mieux».

    Aubry pourrait avoir du mal à soutenir Montebourg du fait de leur longue inimitié. «Le problème n'est pas de soutenir un candidat à 150%, indique Paul qui devrait lui, faire connaitre son soutien dans la semaine, mais de lui apporter ses idées». Présente, la maire PS de Paris, Anne Hidalgo ne s'est pas plus engagée que les autres.

  • François de Rugy conseille à François Hollande de ne pas se représenter

    Le Figaro - Le Scan politique  Publié le 17/11/2016 à 10:34

    Le député écologiste, favorable au gouvernement, étrille le chef de l'Etat jugeant qu'il «n'a pas tiré les conclusions de son quinquennat».

    Rarement François de Rugy n'avait été aussi sévère à l'endroit de François Hollande. Candidat à la primaire du PS et de ses alliés, le député écologiste de Loire Atlantique a jugé mercredi qu'une candidature du chef de l'État n'était pas la bienvenue. «C'est à lui de décider mais, moi, s'il me demandait conseil, ce qu'il n'a pas fait, ce n'est pas ce que je lui conseillerais», a-t-il expliqué à L'Opinion. «Là, il ne reste plus beaucoup de temps... Qu'on réussisse avec cette primaire à désigner un candidat qui ait une chance de rassembler, de créer une dynamique pour être au deuxième tour», a-t-il émis comme souhait.

    «Il faut tirer un bilan lucide»

    Le vice-président de l'Assemblée nationale estime que si François Hollande se présente de nouveau à l'élection présidentielle «le débat va tourner sur le fait de savoir si oui ou non, ça vaut le coup de faire un nouveau quinquennat dans les mêmes conditions». «Alors que lui n'a pas tiré le bilan de son mandat», a souligné l'élu. Et d'insister, sévère: «(Dans) les différents livres qui sont sortis, et le dernier, Un président ne devrait pas dire ça, ce n'est pas une explication sur ce qu'il a fait, ce sont des commentaires. Par ailleurs, il ne reconnaît pas des erreurs ou des choses qui n'auraient pas fonctionné». «Donc pour faire un nouveau mandat, a-t-il poursuivi, il faut quand même avoir tiré un bilan lucide de ce qui n'a pas marché». Une nouvelle remise en cause du locataire de l'Elysée de la part d'un parlementaire légitimiste sur lequel l'exécutif pouvait compter...

  • Législatives 2017 : la charte de Mélenchon pour obtenir un groupe discipliné

    Le figaro - Par Marc de Boni  Publié le 31/10/2016 à 18:55

    Les 577 candidats de la « France insoumise » devront affirmer leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle et à son programme. Un casus belli pour les élus du PCF.

    Le document n'est pas encore finalisé mais des épreuves circulent: une charte sera soumise à l'ensemble des 577 candidats de la «France insoumise» qui endosseront l'investiture pour les élections législatives de juin 2017. Il s'agit pour Jean-Luc Mélenchon et ses soutiens de fixer des cadres et un mode de fonctionnement qui visent à «tourner la page de ce qui n'a pas marché au sein du Front de gauche», actuellement en voie de décomposition. Les aspirants députés devront affirmer, par la ratification de ce texte, leur soutien sans appel au candidat de la présidentielle, une adhésion à son programme l'Avenir en commun, le versement d'une cotisation à l'association de financement de la France insoumise et l'engagement de reconnaître les assemblées citoyennes locales.

    «Après la présidentielle, nous voulons obtenir dans la foulée un groupe parlementaire fonctionnel. La charte permettra par exemple d'avoir une étiquette unique et un résultat cohérent à l'issue du dépouillement. En 2012, nous n'avions pas corrélé l'étape de la présidentielle aux législatives», regrette Éric Coquerel, le coordinateur du Parti de gauche. Une «erreur», selon lui, qui a produit une carte du vote Front de gauche de moins en moins lisible à mesure que se succédaient les scrutins du quinquennat. «On ne veut pas s'en prendre spécifiquement aux parlementaires. Mais, durant cette période, nous apprenions parfois les décisions des députés du Front de gauche par voie de presse. Ce n'est pas vraiment démocratique. Il paraît normal d'attendre une démarche plus collaborative», fait valoir l'élu francilien.

    Les députés du PCF en ligne de mire

     

    Visée par cette charte: la liberté de vote dont les députés du PCF jouissent depuis 1992. Pour certains élus communistes, la charte relève du casus belli. «Mélenchon déteste la liberté de vote. Il veut un retour au fonctionnement de la IIIe Internationale, avec un chef qui dicte la décision», ironise le député André Chassaigne, en référence aux usages du stalinisme. «Il souhaite revenir à l'époque ou nous étions inféodés à la discipline de parti. Mais, en démocratie, les élus ne sont mandatés que par leurs électeurs», renchérit Alain Bocquet, député PCF du Nord.

    Ce vétéran du Palais Bourbon en est persuadé: «Cette charte vise à écarter les députés PCF de l'Assemblée», à l'occasion des prochaines législatives. L'état-major de Mélenchon a en effet prévenu: la «France insoumise» sera bien présente dans chaque circonscription, quitte à s'inviter sur les terres des communistes récalcitrants. Au sein du groupe parlementaire, «on ne craint rien ni personne». On espère même, à la faveur de l'effritement du vote socialiste depuis 2012, regagner un peu du terrain perdu, notamment à Saint-Denis, Montreuil ou Gennevilliers, en région parisienne. Une chose est sûre, l'un des principaux verrous qui restent pour obtenir un rapprochement de Mélenchon et des communistes est à débloquer du côté de l'Assemblée.

  • Déjeuner de crise des soutiens de Hollande à Bercy

    in Le Figaro - Par Anne Rovan Mis à jour le 25/10/2016 à 17:20 Publié le 25/10/2016 à 16:06

    Une dizaine de ministres ont déjeuné ce mardi à Bercy à l'invitation de la secrétaire d'Etat au Commerce Martine Pinville, proche parmi les proches du chef de l'État.

    Les invitations ont été lancées en fin de semaine dernière pour ce déjeuner qui a eu lieu ce mardi après la houleuse réunion du groupe PS à l'Assemblée. La secrétaire d'Etat au Commerce Martine Pinville, proche du président de la République, a reçu ce jour à Bercy une dizaine de ministres et parlementaires hollandais. Parmi eux, Stéphane Le Foll (Agriculture), Michel Sapin (Finances), Marisol Touraine (Santé), Patrick Kanner (Ville), Christian Eckert (Budget) et Ségolène Neuville (Personnes handicapées). Se sont également joints à ce déjeuner deux poids lourds du Parlement proches de François Hollande: le président du groupe PS à l'Assemblée Bruno Le Roux et son alter ego du Sénat Didier Guillaume. L'objectif de ce déjeuner était «d'avoir un échange politique sur la situation», explique une source au Figaro.

    À ce stade, les participants se montrent très peu bavards sur ce qui s'est dit au cours de la rencontre. «Le déjeuner était sinistre. Différents points de vue se sont exprimés: certains participants ont défendu le président, d'autres ont exprimé des doutes», raconte une source. Il a bien sûr été question du livre des deux journalistes du Monde Un président ne devrait pas dire ça... rapportant les confidences du chef de l'Etat et de la réunion de groupe PS de la matinée, au cours de laquelle Manuel Valls a, pour la première fois, pris ses distances avec le chef de l'Etat vis-à-vis duquel il s'était toujours montré loyal. «J'ai été loyal, je l'ai été au nom des institutions. Mais je veux d'abord l'être à ma famille politique», a lancé mardi matin le premier ministre aux députés socialistes.

    Mardi après-midi, à Matignon, on faisait ce commentaire: «Ce n'est pas un pas de côté de Manuel Valls. C'est un changement de contexte et de climat politique après le livre», confiait un proche conseiller.

  • Un président ne devrait pas dire ça... : un livre, 10 polémiques

    Depuis leur publication, les confessions du chef de l'État n'en finissent plus de provoquer des réactions hostiles.

    «Tout est dans le titre!», se désolent depuis dix jours les derniers soutiens de François Hollande, effarés par le contenu du livre-confessions du chef de l'État. «Un président ne devrait pas dire ça», donc: critiquer les footballeurs ou les magistrats, dévoiler des secrets d'État, raconter en privé l'inverse de ce qu'il promet publiquement... Le chef de l'État a eu beau tenter de s'expliquer, jeudi soir, en évoquant des «phrases sorties de leur contexte», chaque jour apporte son lot de polémiques depuis la publication du livre de Gérard Davet et Fabrice Lhomme. Pour y voir plus clair, le Scan récapitule les 10 points de conflit successifs.

     

    Les magistrats «lâches»

    Une petite phrase a immédiatement provoqué l'émotion dans le milieu judiciaire. «Tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux...», accuse François Hollande, pointant du doigt «une institution de lâcheté». Des propos «dangereux et injustes» selon le Conseil supérieur de la magistrature, également dénoncés par le premier président de la Cour de cassation et le procureur général. Obligeant François Hollande à s'excuser dans une lettre adressée aux magistrats: «Ces propos sont sans rapport avec la réalité de ma pensée», prétend-il.

     

    Les footballeurs «sans valeurs»

    Dans le livre, François Hollande critique des footballeurs «sans références, sans valeurs», qui sont selon lui «passés de gosses mal éduqués à vedettes richissimes, sans préparation». Le chef de l'Etat ajoute que la Fédération française devrait organiser des «formations» pour les joueurs, «de la musculation de cerveau». Réactions courroucées chez les principaux concernés: même Zinédine Zidane est sorti de son habituelle réserve pour critiquer les propos «dérangeants» du chef de l'État. François Hollande a prévu de rencontrer le patron de la Fédération française de football Noël Le Graët pour s'expliquer.

     

    La femme voilée, Marianne de demain»

    La phrase, sortie de son contexte, a fait bondir la droite et le FN: «La femme voilée d'aujourd'hui sera la Marianne de demain». Dès la publication du livre, les soutiens de Nicolas Sarkozy notamment sont montés au créneau pour dénoncer le «communautarisme» du chef de l'État. L'Elysée a déminé en invitant les lecteurs trop pressés à lire l'intégralité de la citation. Dans la suite de son propos sur la «femme voilée, le chef de l'État développe: «D'une certaine façon, si on arrive à lui offrir les conditions pour son épanouissement, elle se libérera de son voile et deviendra une Française, tout en étant religieuse si elle veut l'être, capable de porter un idéal.»

     

    Il y a un problème avec l'islam»

    L'islam pose «problème» en «demand(ant) des lieux, des reconnaissances». Mais Manuel Valls s'en est chargé en assurant que l'islam n'était pas «le problème qui poserait toutes les difficultés au pays»». «L'islam de France, comme toutes les religions, a toute sa place en France», a assuré le premier ministre.

     

    Trop d'immigration»

    Autre phrase qui a pu heurter l'électorat du président socialiste: «Je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration qui ne devrait pas être là». Si les responsables de gauche sont restés muets sur le sujet, la droite et le FN ont rebondi sur la citation pour dénoncer le «décalage» entre les propos et les actes du chef de l'Etat sur le sujet de l'immigration.

     

    L'avenir de Notre-Dame-des-Landes

    François Hollande a-t-il abandonné l'idée de construire l'aéroport controversé de Notre-Dame-des-Landes? «Le plus probable est que ce projet ne verra jamais le jour», explique-t-il dans le livre. Problématique alors que son premier ministre défend le projet de construction et que les habitants de Loire-Atlantique l'ont approuvé par référendum. Le porte-parole du gouvernement a tenté de déminer en assurant que les propos du chef de l'État avaient été prononcés avant le fameux référendum de juin. Mais il n'en fallait pas plus pour relancer la controverse au plus haut sommet de l'État: opposée au projet, Ségolène Royal souhaite «arrêter les frais», de quoi agacer le premier ministre, qui a confirmé l'évaluation prochaine du terrain et la construction de l'aéroport.

     

    Les quatre assassinats ciblés

    Dans le livre, François Hollande annonce avoir ordonné quatre exécutions ciblées, probablement de terroristes. Les fameuses «opérations Homo» (homicides, dans le vocabulaire militaire, ndlr). La droite a déploré une rupture du secret militaire. La gauche n'est pas moins critique: Jean-Luc Mélenchon a estimé que ces actes relevaient de la cour pénale internationale et même le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault s'est désolidarisé du président, dont il est pourtant proche.

     

    L'«acte de liquidation» du PS

    «Il faut un acte de liquidation. Il faut un hara-kiri» pour le PS, assure François Hollande dans le livre. Le chef de l'Etat aurait voulu en finir avec le parti qu'il a dirigé pour créer une nouvelle structure progressiste, le Parti du progrès. Une ambition qui a heurté la direction de l'actuel PS, à commencer par Jean-Christophe Cambadélis, pourtant soutien du chef de l'État: «C'est une réflexion du président de la République que je ne partage pas», a-t-il réagi.

     

    La justification sur les «sans-dents»

    Dans le livre des deux journalistes, François Hollande revient sur ces mots polémiques qu'il aurait utilisés, selon Valérie Trierweiler, pour qualifier les plus pauvres. «Je lui ai dit: “Je vois des gens qui viennent vers moi dans les manifestations, ce sont des pauvres, ils sont sans dents”», se justifie le président, dénonçant une «trahison» de son ex-compagne. La réplique de cette dernière n'a pas tardé: sur Twitter, Valérie Trierweiler a exhumé ce qu'elle présente comme un SMS que lui aurait écrit ce dernier en 2005: «Je suis avec ma copine Bernadette dans une grande manifestation dans son canton. Dans son discours, elle a fait un lapsus formidable. Rire général, même chez les sans-dents».

     

    La polémique jusqu'en Grèce

    François Hollande fait état d'un appel de Vladimir Poutine au lendemain du référendum organisé et gagné par Alexis Tsipras sur la dette grecque. Le président russe assure que le gouvernement grec lui aurait demandé «d'imprimer des drachmes (la monnaie nationale grecque avant le passage à l'euro) en Russie car ils n'ont plus d'imprimerie pour le faire». Ce récit de François Hollande a provoqué d'importants remous dans la classe politique grecque, obligeant le gouvernement d'Alexis Tsipras à se justifier et… à se désolidariser de François Hollande.

  • François Hollande : pour Marylise Lebranchu, il a "passé son temps à faire des annonces à la con"

    A la tête du ministère de la Décentralisation, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat, Marylise Lebranchu a été brutalement remercié par François Hollande en février dernier. De son passage auprès du président de la République, la députée PS porte un jugement très critique sur les débuts du quinquennat du chef de l’Etat.

    Jugement critique. Six mois après son éviction du gouvernement, Marylise Lebranchu est-elle encore amère envers François Hollande ? Au détour d’une petite phrase dans l’ouvrage du journaliste Cyril Graziani intitulé "Le Premier secrétaire de la République – Dans les coulisses du quinquennat",  l’ex ministre de la Décentralisation, de la Fonction publique et de la Réforme de l’Etat se montre très critique sur la politique de François Hollande. "Marylise Lebranchu, l’ex-ministre de la Décentralisation résume ainsi ce début de quinquennat : ‘Hollande a passé son temps à faire des annonces à la con (sic)’ " est-il écrit. Si la députée (PS) du Finistère porte un jugement très cassant sur les débuts à l’Elysée de François Hollande, elle n’adhère toujours pas à la politique menée par le gouvernement.

    Marylise Lebranchu n’approuve pas la politique de François Hollande

    L’élue socialiste avoue aujourd’hui être presque soulagée de ne plus être au gouvernement. "J’aurais été très mal à l’aise avec la loi Travail" explique cette proche de Martine Aubry dans une interview accordée à L’Opinion le 21 août. "Le gouvernement touche à un principe : la protection contre le dumping social. On s’est trompés entre travail et emploi" indique la députée. 

    in - Ambre Lefeivre - http://www.non-stop-politique.fr/ Publié le 30 Août 2016 à 15h04

  • Éducation nationale : le vrai bilan de Najat Vallaud-Belkacem

    Ce lundi 29 août, Najat Vallaud-Belkacem tenait la réunion de rentrée de son ministère. Pour Jean-Rémi Girard, son bilan rue de Grenelle se résume à une action brouillonne mêlée à un art mensonger de la communication.

     

    Le Figaro – 30 Aout 2016 - Jean-Rémi Girard est professeur de français et vice-président du SNALC-FGAF.

     

    À l'entendre (lors de sa conférence de presse) et à la lire, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. L'École a été refondée, l'échec scolaire va être vaincu, et les rares inquiets vis-à-vis de la politique menée vont progressivement être convaincus. Rendez-vous en… 2025 (!!!) pour faire le point.

    La réalité, hélas, est quelque peu différente. Car, à moins d'un an des présidentielles, le bilan de Najat Vallaud-Belkacem n'est pas brillant. D'ailleurs 21% des enseignants seulement sont en accord avec les choix politiques faits, d'après le baromètre UNSA de 2016 (syndicat pourtant très favorable aux réformes entreprises). Que s'est-il donc passé?

    La plus grande part de la communication a été faite autour des fameux 60 000 postes crées. Vous pensiez que cela voulait dire 60 000 professeurs en plus devant les élèves? Que nenni! Entre le rétablissement d'une formation initiale (qui était nécessaire, mais a été fait n'importe comment), les postes non pourvus aux concours, les autres catégories de personnels incluses elles aussi dans le chiffre, on peine à y voir clair.

    Une certitude: le nombre d'élèves par classe a… augmenté. Autant dire que, dans les salles des professeurs et les salles des maîtres (quand ces dernières existent), on l'a un peu mauvaise.

     

    Fer de lance de la politique ministérielle, la fameuse réforme du collège et celle, conjointe, des programmes, vire au casse-tête. Des programmes sur des cycles de 3 ans alors que l'on a les élèves qu'une seule année en face de soi. La suppression de tout ce qui dépassait (le latin et le grec parvenant encore à survivre, mais avec des horaires atrophiés). De l'accompagnement personnalisé en classe entière et sur les heures de cours (cette blague!). Des projets obligatoires parfaitement bureaucratiques, à articuler avec les programmes sus-nommés, on ne sait trop comment.

    Moins de français en sixième pour les élèves en difficulté, alors que les études même du ministère montrent que la maîtrise de la langue à l'entrée au collège se dégrade depuis plus de 20 ans. En bref, une fois encore, les bons sentiments conjugués à une forte dose d'idéologie pédagogique (et à un soupçon d'intérêt économique) ont donné naissance à un machin qui, au mieux, ne servira à rien. Les collègues se débrouilleront pour tenter de continuer à enseigner correctement au milieu de la multiplication d'injonctions et des obstacles bureaucratiques placés sur leur chemin. Dans cinq ans, on les accusera de ne pas avoir compris la réforme, on dira qu'on n'est pas allé assez loin, et on refera la même chose, en pire. On a l'habitude, désormais.

    On n'oubliera pas quelques traits de génie supplémentaires. La «priorité au primaire», qui s'est évanouie dans la nature. La suppression intégrale du redoublement, sans rien mettre en place pour aider les élèves perdus. Le refus de faire un bilan objectif de la réforme du lycée précédente — et pour cause, vu qu'elle ressemble à s'y méprendre à une certaine réforme du collège… Il ne faudrait pas non plus trop faire savoir à quel point ce que le ministère met en place ne fonctionne pas.

    On appréciera certaines choses, comme la remise à plat de tous les métiers et des carrières qui vont avec, même si annoncer une revalorisation salariale pour 2017 est un peu «gros». Qu'on se rassure, pour la plupart des collègues, elle ne compensera pas la perte de pouvoir d'achat qu'ils subissent.

    La ministre communique. Beaucoup. Et ment. Beaucoup.

    Mais s'il n'y avait qu'une seule chose à retenir du passage de la ministre rue de Grenelle, c'est la communication. Qu'on soit bien d'accord: ce n'est Najat Vallaud-Belkacem qui «fait» les réformes, mais la technostructure. La ministre rend quelques arbitrages, mais l'essentiel est produit par d'inamovibles hauts fonctionnaires. En revanche, la ministre communique. Beaucoup. Et ment. Beaucoup. Elle invente des heures de français supplémentaire au primaire, qui correspondent en fait aux heures de cours des autres matières. Elle fait croire que 70% des collégiens vont faire du latin, alors qu'elle a porté un coup terrible à cet enseignement, qualitativement et quantitativement. Elle laisse penser que les langues vivantes, notamment l'allemand, sortent renforcés de la suppression d'environ 40% des classes bilangues et de 100% des sections européennes. Et ça n'en finit pas. Au fond, c'est probablement autant pour sa communication que pour ses réformes que la ministre suscite un tel rejet. Qu'on mène une politique inefficace et même nuisible est une chose. Qu'on fasse passer ceux qui sont, in fine, en charge de l'appliquer pour des idiots qui n'ont rien compris à coup de contre-vérités dans tous les médias en est une autre.

  • "Pas eu de bol", "c'est dur": la droite fustige des propos de Hollande

    AFP

    Publié le 19/08/2016 à 14:16 | AFP

     

    Plusieurs élus de droite, du centre et du FN ont fustigé vendredi des propos de François Hollande, qui confie dans un livre des journalistes Antonin André et Karim Rissouli qu'il n'a "pas eu de bol" concernant l'inversion de la courbe du chômage et qu'être président, "c'est dur".

    L'ouvrage "Conversations privées avec le président" s'ouvre sur cette confidence faite aux auteurs en novembre 2013 : "C'est dur, bien sûr que c'est dur. Beaucoup plus dur que ce que j'avais imaginé".

    Sur sa promesse d'une inversion de la courbe du chômage, François Hollande reconnaît avoir "eu tort" de la réitérer lors de ses voeux aux Français en 2012, mais note : "Je n'ai pas eu de bol ! En même temps, j'aurais pu gagner".

    Sur les réseaux sociaux, les réactions se sont multipliées, à droite. "Lamentable règne de François Hollande. +Pas de bol+, +c'est dur+, dit le fantoche. Qu'il s'en aille, vite ! Pour que la France retrouve un Chef", a lancé sur Twitter le porte-parole du parti Les Républicains (LR) Guillaume Larrivé.

    "Tout est dit. La politique au gré du hasard", a aussi raillé Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat.

    "Hollande reconnaît enfin qu'il n'a pas les épaules pour présider la France, il restera dans l'histoire comme un malentendu !", a de son côté critiqué le député Eric Ciotti. Un constat partagé par Philippe Gosselin, selon qui, si "+c'est dur+ (...) ça se voit: quinquennat brouillon. France mal gouvernée depuis 4 ans", a-t-il tweeté.

    "François Hollande est peut-être trop occupé à se plaindre pour se rendre compte que les Français souffrent de ses mauvais choix, de ses non-sens et de son immobilisme. Ne pas trouver de travail, ça +c'est dur+. Se serrer la ceinture pour payer ses impôts (...) renoncer à ses vacances pour joindre les deux bouts (...) ne pas se sentir en sécurité dans son propre pays, ça +c'est dur+. François Hollande devrait prendre ses responsabilités et assumer son rôle", a taclé, dans un post Facebook, le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Christian Estrosi.

    "Pas de bol sur le chômage : un aveu d'échec terrible avant de jeter l'éponge ?", a demandé, sur Twitter, le chef de file des députés UDI Philippe Vigier.

    Florian Philippot, l'un des vice-présidents du Front national, s'est aussi interrogé: "En fait, le programme de F. Hollande c'était un jeu à gratter ?"

    19/08/2016 14:15:35 -  Paris (AFP) -  © 2016 AFP

  • Macron: "L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste"

     BFMTV - 19/08/2016 à 19h25 Mis à jour le 19/08/2016 à 22h01

    En visite en Vendée pour ce qui constitue sa rentrée politique, le ministre de l'Economie s'est fendu d'une petite provocation qui ne manquera pas de faire réagir ses homologues du gouvernement.

     Une sortie des plus remarquées, sous le signe de la transgression. Emmanuel Macron peaufine sa rentrée politique, qui s'annonce explosive, et s'est rendu ce vendredi en Vendée, pour une visite très symbolique à la suite de sa pause estivale. Il a ainsi parcouru le site du Puy du Fou, le lieu de spectacles médiévaux, de Philippe de Villiers qui l'a accueilli à l'entrée du parc avec son fils. Un déplacement à caractère économique pour l'actuel ministre de l'Economie, mais comparable à une véritable provocation pour celui qui a déjà suscité la colère de ses homologues au gouvernement après l'organisation de plusieurs meetings et le lancement de son mouvement En Marche!.

     "Je ne suis pas socialiste"

    Bien conscient de la situation, Emmanuel Macron ne s'est pas arrêté là. Alors que des journalistes s'étonnaient qu'il s'affiche aux côtés d'une personnalité politique comme Philippe de Villiers, il s'est fendu d'une petite phrase qui ne manquera pas de faire réagir:

    "L'honnêteté m'oblige à vous dire que je ne suis pas socialiste", lance-t-il devant plusieurs médias, dont la caméra de BFMTV.

    Le jeune ministre précise ensuite sa pensée, en admettant appartenir à un "gouvernement de gauche", tout en étant avant tout "ministre de la République" qui se doit de "servir l'intérêt général". Et de conclure: "Ce qui doit rassembler tous les dirigeants politiques et ce derrière quoi se retrouvent les Français."

    La journée a dû être riche en émotions pour le ministre car il a assisté à un spectacle de gladiateurs intitulé Le signe du triomphe à l'issue duquel il a levé le pouce afin d'épargner la vie fictivement menacée d'un Gaulois. Après quoi, il a pris les rênes d'un char tiré par quatre chevaux. Une scène qui a inspiré une métaphore hippique à Philippe de Villiers: "C'est la première fois que je vois un ministre conduire un char avec autant d'audace et surtout cette capacité à apprendre. Il a écouté le conducteur. Il a fait un premier tour qui était de bonne qualité et un deuxième tour fulgurant. (...) Je pense qu'il y a pour M. Macron, devant lui, un avenir pour conduire toute sorte de char".

    "Je l'ai été"

    Mais son pas de côté vis-à-vis du socialisme n'est qu'un énième rebondissement dans le dossier de son appartenance ou non au principal parti de la gauche. En février 2015, toujours sur notre antenne, Emmanuel Macron avait confirmé ne plus être "encarté" en Parti socialiste. "Je l'ai été", avait-il nuancé. La mise au point de ce vendredi ne surprendra pas Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS ayant déjà affirmé que "non", Emmanuel Macron n'était pas socialiste.

  • Pollution automobile: la Mairie de Paris entre esbroufe et démagogie

    in Slate.fr - Science & santé - France 04.08.2016

    Anne Hidalgo est partie en croisade contre la circulation automobile au nom du combat légitime contre la pollution de l’air. Le problème, c’est que les mesures discriminantes et antisociales prises n’ont et n’auront aucun effet. Elles pourraient même exposer les Parisiens a encore plus de particules nocives. Cherchez l’erreur!

     

    La Mairie de Paris s’est fait une spécialité depuis plusieurs années d’apporter de mauvaises réponses à de bonnes questions et à de vrais problèmes. Face aux stratégies de communication et aux petits calculs politiques, les faits ont peu d'importance. L’exemple de la pollution de l’air et de la circulation routière est sans doute le plus caricatural. Peu importe l’efficacité des mesures imposées, ce qui compte c’est l’affichage d’une volonté sans faille. Anne Hidalgo s’est lancée dans une croisade. La cause est noble: améliorer la santé des parisiens et l’ennemi désigné est l’automobile. La voiture, c’est le mal, le métro, le bus et le vélo sont le bien. Une idéologie simpliste.

    La réalité est bien plus compliquée et les mesures prises depuis deux ans et demi sont au mieux sans effet sur la pollution de l’air, voire contreproductives.

    Inefficace et contreproductif

    Commençons par la dernière décision en date: l’interdiction, depuis le 1er juillet 2016, de circulation en semaine, entre 8 heures et 20 heures, des véhicules immatriculés avant 1997. Et ce n’est qu’un début. Anne Hidalgo entend bannir de ces rues dans quatre ans, en 2020, les véhicules immatriculés avant 2011 et même interdire les voitures à moteur diesel.

    Selon différentes associations dont 40 millions d’automobilistes, la mesure entrée en vigueur le 1er juillet concerne 870.000 voitures en Île-de-France. Selon la ville de Paris, 430.000 véhicules sont touchés et elle estime à 4.000 par jour ceux qui seront bannis des rues de la capitale. Si seulement 4.000 véhicules par jour sont concernés, cela affecte un peu moins de 1% du parc automobile qui circule à Paris par jour (600.000 selon la Mairie) et n’a aucun impact autre que symbolique.

    La mise en place d'une politique antipollution ne produirait d'effet significatif que si elle concernait un large périmètre

    C’est exactement ce que disait Airparif, organisme public qui contrôle la qualité de l’air en région parisienne. Il a publié un rapport il y a quatre ans afin de déterminer si le retrait des véhicules polluants permettait de faire diminuer les teneurs en particules dans l’atmosphère à Paris. Il n’y avait alors d’effet positif constaté que sur le territoire allant jusqu’à l’A86 et à condition d’interdire la circulation de véhicules immatriculés avant 2006.

    «Pour être réellement efficace, la mise en place d'une politique antipollution ne produirait d'effet significatif que si elle concernait un large périmètre comprenant Paris et les autres territoires (76 communes) intra-A86», affirme l'étude.

    Pire, si la ville de Paris prend seule la décision de restrictions de circulation à l'encontre des véhicules les plus anciens, les spécialistes craignaient alors «un effet de bord» qui reporte le trafic aux limites des zones réglementées avec une conséquence, l'accroissement des bouchons. C'est-à-dire exactement le contraire de ce que l'on annonce: améliorer la santé des Parisiens.

    Une analyse faussée de la réalité

    Sommé de justifier la mesure, Airparif, estime, selon un rapport récent qui a opportunément fuité, que la mesure pourrait faire baisser de 3% les émissions de particules fines. Il y a tellement de facteurs, notamment atmosphériques, qui entrent en compte, que ce calcul est très douteux. Sans le secours des villes de la première couronne, Paris ne peut pas espérer abaisser les émissions polluantes. Comme le nuage de Tchernobyl s'arrêtant aux frontières, il est tout simplement mensonger d’affirmer qu'une action sur la seule agglomération de Paris puisse avoir des effets sur les niveaux de pollution.

    Et il y a un autre problème. Non seulement, la mesure revient à chasser les plus pauvres de Paris, mais elle se trompe de cible! «Une voiture de 1995 parfaitement entretenue et qui a passé le contrôle technique avec succès, et notamment son contrôle anti-pollution, s'avère beaucoup plus propre qu'un véhicule plus récent et mal entretenu», assure le Conseil national des professions de l'automobile (CNPA).

    Il en va de même de toutes les mesures de restriction de la circulation automobile prises par la Mairie de Paris comme la baisse de vitesse de 10 kilomètres heure sur Périphérique ramenée de 80 à 70 kilomètres heure ou la circulation alternée en cas de pic de pollution. De la poudre aux yeux.

    Airparif toujours, dont les capteurs sont disposés tout au long du périphérique parisien, n'a mesuré, en faisant beaucoup d’efforts, qu'une infime amélioration de la qualité de l'air depuis que la vitesse moyenne a été diminuée de 10 kilomètres/heure. Idem en cas de pic de pollution avec la circulation alternée réclamée par la mairie de Paris (les véhicules à plaque d’immatriculation paire ou impaire sont tour à tour frappés d'une interdiction de circulation). Dans le premier cas, c’est parfaitement logique puisque la vitesse moyenne du périphérique est de 37 km/h. Et dans le deuxième cas, l’explication tient au fait que la pollution de l’air n’est pas majoritairement liée à l’automobile et que par ailleurs les masses d’air circulent sur des centaines de kilomètres.

    Remplacer la voiture par les transports en commun expose les Parisiens à autant de particules fines (en bus) et surtout à plus de particules fines en vélo et en RER

    Évidemment, la fermeture à la circulation à Paris des voies sur berges n’améliorera pas la circulation et devrait l’aggraver en augmentant les temps de circulation et les bouchons dans la capitale et donc la pollution de l’air. Quant à la multiplication des zones à 30 kilomètres heure dans la capitale, qui devraient représenter 50% de la voirie dans le courant de l’année 2017, cela aura un impact limité sur les accidents (la vitesse moyenne dans la capitale est de 15 kilomètre/heure selon la mairie de Paris) et devrait augmenter la congestion quand la circulation pourrait être fluide.

    Tout cela part d’une analyse volontairement faussée de la réalité et des origines de la pollution de l’air à Paris, d’une autophobie idéologique maladive qui tient du mépris social et de la suffisance d’une administration qui pour imposer sa volonté se moque des faits et confond «l’intérêt général» avec une stratégie politique visant à s’attirer les bonnes grâces d’électeurs mal informés ou désinformés.

    Chasser les pauvres sans réduire la pollution

    Cela ne serait qu’un exemple de plus de démagogie politique, si les conséquences des mesures prises n’étaient aussi néfastes. Socialement, en ostracisant les possesseurs de voitures et notamment les pauvres et leurs «vieilles voitures». Économiquement, en repoussant des activités et des emplois hors de Paris. Et même pour la santé des Parisiens!

    Réduire la circulation automobile à Paris et dans les grandes métropoles est évidemment souhaitable et améliorer la qualité de l’air encore plus. Mais il faut un plan réfléchi associant l’ensemble des acteurs politiques et économiques de la région parisienne. Cela nécessité des investissements pour réduire les bouchons et offrir des transports alternatifs et des parkings. La régulation par le stationnement qui libérerait les rues de la capitale des voitures qui les encombrent est une des solutions à étudier tout comme la création de péages urbains qui aurait un effet bien plus sensible que le rejet arbitraire de véhicules selon leur âge. Et il faut mesurer étape par étape l’efficacité du plan. Cela n’a rien à voir avec l’enchaînement de mesures punitives et incohérentes pour donner le sentiment de faire quelque chose.

    Car aujourd’hui remplacer la voiture par les transports en commun, expose les Parisiens à autant de particules fines (en bus) et surtout à plus de particules fines en vélo (à cause de l’effort physique) et surtout dans le métro et le RER. Toujours selon les relevés d'Airparif, le métro et le RER sont bien plus dangereux pour nos bronches que les rues! Le réseau souterrain contient en moyenne trois à quatre fois plus de particules fines que le périphérique qui est la zone la plus polluée de la capitale (300 mg/m3 pour les quais du métro et jusqu'à 500 mg/m3 sur les quais du RER, contre 52 mg/m3 aux abords du périphérique).

    La même étude révèle aussi que 41% des particules fines en suspension émises par le trafic routier viennent en fait de l'abrasion des pneus, du revêtement routier et des garnitures de freins. Même les voitures électriques, encensées par la mairie de Paris, disposent de pneus et d'un système de freinage et continueront donc de polluer…

    Enfin, les polluants de l'air ne sont pas issus majoritairement des pots d'échappement mais de l'industrie et du chauffage domestique. Les pics de pollution à Paris coïncident souvent avec la persistance de phénomènes météorologiques qui rabattent l'air chargé de polluants venu d'Angleterre et du Danemark…

    Mais ne vous inquiétez pas braves gens, à l’hôtel de ville de Paris on sait vraiment ce qui est bon pour vous.