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La gauche la plus bête du monde - Page 3

  • Le "prédicat", dernière invention de la nuisible Belkacem

    in : http://grincheux.typepad.com/

     

    Pascal PraudPascal Praud est connu comme journaliste sportif, plutôt spécialisé dans le football. A la radio (RTL), il a repris le fambeau de l'émission-culte "On refait le match" d'Eugène Saccomano et tient une rubrique matinale généraliste, genre billet d'humeur, vers 7h58, intitulée "Le Praud de l'info".

    "Le prédicat désigne ce qui est dit du sujet", explique Pascal Praud dans sa rubrique du vendredi 20.01, et il prend cette phrase très réaliste en exemple :

    "Najat Vallaud-Belkacem fait n'importe quoi".

    Praud décrypte : "'Fait n'importe quoi' est le prédicat".

    Et de poursuivre : "Avant, on aurait appris : 'Najat Vallaud-Belkacem', sujet ; 'fait', verbe ; fait quoi ? 'n'importe quoi', complément d'objet direct".

    "Aujourd'hui c'est fini : il faut dire cette chose incroyable, révoltante, insensée. On n'apprend plus à l'école primaire le complément d'objet direct. Trop compliqué !", tonne le journaliste. "On simplifie. 'Fait n'importe quoi' devient un bloc à part entière, c'est le prédicat. La fameuse méthode globale, celle qui a plongé des millions d'enfants dans l'ignorance. Et on continue !", se désole-t-il.

    "Le Conseil supérieur des programmes, qui valide cet enseignement, est un danger public. Il pratique le charabia, il a la passion de la réforme, il modifie ce qui marche", note Pascal Praud. "Incompétence et idéologie sont sa marque de fabrique. Il est urgent de le supprimer", conclut-il, en prenant soin de préciser l'orthographe finale du mot "supprimer". (oui car à la radio les cancres du ministère auraient pu entendre "supprimé")

    VOIR LA VIDEO SUR RTL

    LE FIGARO -- Alain Bentolila, est un linguiste français, professeur à l'université Paris Descartes. Il a participé à l'écriture des programmes scolaires en 2008. Il déclare :

    "L'introduction du prédicat dans les petites classes n'a aucun sens. Le prédicat est une notion de théorie classique aristotélicienne. J'enseigne cette notion à mes étudiants de master 2. L'homme est le seul animal vivant à «dire des choses à propos de». Voilà ce qu'est le prédicat. Votre pensée prend le pouvoir sur votre perception comme lorsque vous dites «le chou a mangé la chèvre» ou «la terre est bleue comme une orange». Avec le prédicat, vous entrez dans la poésie, l'image. C'est une notion philosophique formidable pour mes étudiants mais, pour des enfants, ça n'a aucun intérêt. C'est une erreur fondamentale. Derrière un terme comme le prédicat se cache une idéologie épouvantable dont les enfants défavorisés sont les premières victimes."

    LAROUSSE - LE PRÉDICAT :
    Élément central de la phrase, autour duquel s'organise la fonction des autres éléments de l'énoncé. (Dans la phrase de base, c'est le syntagme verbal par rapport au syntagme nominal sujet : Le chien aboie.)

    Robert Marchenoir nous a écrit :
    On notera le raffinement dans la perversité dont fait preuve cet article du Larousse. Pour expliquer un mot que personne ne comprend (prédicat), on "l'explique" avec un autre mot que personne ne comprend (syntagme). Pour expliquer un concept imbitable, on explique d'abord que ça veut dire un truc, puis que ça veut dire le contraire. Pour expliquer une définition, on donne un exemple qui ne correspond pas à la définition : le verbe aboyer serait l'élément central de la phrase "Le chien aboie". Bah non, gros con. Dans la phrase "Le chien aboie", "aboie" n'est pas plus central que "le chien". En revanche, prétendre que le chien n'est pas central, c'est faire preuve d'une cynophobie insupportable qui me rappelle les heures les plus sombres de notre histoire.

    TAKUAN nous a écrit :
    Au secours ! Pour comprendre j'ai demandé en ligne la définition du "prédicat". Voilà ce que le Larousse nous en dit :
    1) Élément central de la phrase, autour duquel s'organise la fonction des autres éléments de l'énoncé. (Dans la phrase de base, c'est le syntagme verbal par rapport au syntagme nominal sujet : Le chien aboie.)
    2) Nom parfois donné, en grammaire traditionnelle, à l'adjectif attribut dans une phrase comportant la copule être.
    3) Ce qui est affirmé d'un sujet ou est dit lui appartenir. (Sagesse/sage est prédicat dans La sagesse appartient à Socrate ou dans Socrate est sage.)
    Et avec cela je suis sensé comprendre l'architecture d'une phrase ? Si j'ai bien compris, avant une phrase était définie par un sujet, un verbe et un complément, maintenant il s'agit d'une affirmation avec un prédicat qui est tantôt sujet (nominal/sagesse) et tantôt complément (verbal/sage).....mais je suis pas certain.... Et vous ?

    Robert Marchenoir a répondu :
    TAKUAN | Totalement imbitable. Heureusement que les dictionnaires sont faits pour expliquer des trucs, parce qu'on aurait pu s'y tromper. "La copule être". La quoi ? Gros cochon... Cet article du Larousse est parfaitement clair : nous sommes victimes d'un groupe de terroristes du langage qui s'emploient à remplacer ce qui se conçoit clairement, et s'énonce aisément, par un charabia incompréhensible qui ne veut rien dire. Après quoi, ces messieurs, ayant foutu un bordel noir, se proposent comme volontaires pour nous "expliquer". C'est l'éternelle arnaque du socialisme : je sème la subversion, j'installe mes théories à la con, je torpille ce qui, avant moi, marchait parfaitement, puis j'offre mes services pour réparer les méfaits du capitalisme, de l'ultra-libéralisme et de mon cul sur la commode. Ça marche aussi avec les musulmans, remarquez : j'importe en France mes mœurs arriérées, mes comportements socialement nocifs, mon idéologie mortifère et déresponsabilisante, je crée un champ de ruines autour de moi, et puis je chouine que la méchante France raciste et capitaliste m'empêche de devenir directeur du marketing de l'Oréal et de m'acheter un appartement dans le 16e arrondissement de Paris. Tout en entraînant tout le monde vers le bas avec moi.

  • Quand l'entourage de Mélenchon part en vrille...

    le témoignage de Fatima Benomar -militante du Parti de Gauche, membre du Front de Gauche féministe, membre du Conseil National et de la Commission de Résolution des Conflits du Parti de Gauche- est édifiant...

    https://fatimabenomar.wordpress.com/2017/02/04/tu-as-fait-quelque-chose-de-tres-grave-mais-je-ne-peux-pas-te-dire-quoi/

  • Pierre Bergé : "J’assiste avec tristesse à la décrépitude du PS"

    "Il n’y a pas d’autre choix aujourd’hui", a-t-il précisé au lendemain de la victoire de Benoît Hamon à la primaire du PS. "Si Valls avait gagné, par amitié pour Valls j’aurais voté pour lui. Mais j’assiste avec tristesse à la décrépitude du PS, à la fin du PS".

    "Ils vont être obligés d’arriver à une espèce de Congrès de Tours" (celui de la scission des socialistes en 1920, ndlr) "avec la ligne communiste remplacée aujourd’hui par Benoît Hamon". "Il y aura une scission d’où j’espère sortira d’un côté un parti social-démocrate, à l’américaine" et de l’autre "Hamon et l’extrême gauche", a-t-il estimé.

    "Mon soutien est évidemment logique, naturel. Il y a longtemps que je soutiens Emmanuel Macron, c’est un ami personnel, lui et sa femme", a-t-il dit. "Il y a très longtemps que je fais confiance à la jeunesse, qui n’est pas un handicap mais un avantage". Pour lui, "c’est aussi un gros avantage que Macron n’ait jamais été élu, tripatouillé dans des affaires politiciennes". "Ceux qui disent qu’il n’a pas de programme sont des imbéciles. Le programme est clair et évident", a-t-il ajouté. "Il aura la stature d’un président de la République et nous emmènera vers une social-démocratie".

    "Il a eu bien raison de quitter ce gouvernement"

    En ce qui concerne un soutien financier à la campagne d’En Marche!, Pierre Bergé a rappelé qu’il n’avait, dans le cadre de la loi, "pas le droit de donner plus que 7.500 euros". "Mais je suis prêt à (lui) trouver des concours financiers, si je les trouve, et à l’aider par n’importe quel moyen", a-t-il affirmé. Interrogé sur le positionnement d’Emmanuel Macron, Pierre Bergé a estimé qu"il penche à gauche, évidemment, mais il ne veut pas être pris pour un socialiste". "Il a eu bien raison de quitter ce gouvernement où on n’a pas voulu appliquer les réformes qu’il voulait faire", a-t-il fait valoir.

    Pierre Bergé, 86 ans, proche du président François Mitterrand en 1981 puis soutien financier et médiatique du PS, avait ensuite soutenu Ségolène Royal en 2007 et François Hollande en 2012. 

  • Primaire : les piques du débat de l'entre-deux tours

    Le débat entre les deux finalistes du scrutin est plus animé que les joutes précédentes. Le Figaro sélectionne les «punchlines» les plus saignantes des deux candidats.

    1. Manuel Valls: «Il ne faut pas créer des illusions, il faut dire la vérité aux Français». L'ancien premier ministre se place en candidat du «pragmatisme», qui pense que «la victoire est possible», face à Benoît Hamon, qui souhaite un «futur désirable».
    2. Benoît Hamon: «Ceux qui sont contents d'aller travailler le matin, et d'ailleurs ce sont eux qui font les lois Travail». Abordant sa vision du monde du travail, L'ancien ministre de l'Éducation fait ici référence à la loi El Khomri, défendue par Manuel Valls, et qu'il souhaite abroger s'il est élu.
    3. Benoît Hamon: «Tu n'as à opposer aux études sur la raréfaction du travail que ta foi». Lors de la première interpellation directe de ce débat, le candidat de l'aile gauche s'en prend à son adversaire, qui s'oppose à son projet de revenu universel, pensé pour pallier la raréfaction des emplois.
    4. Manuel Valls: «Je suis le candidat de la feuille de paie, je ne veux pas que Benoît Hamon soit le candidat de la feuille d'impôt». L'ancien premier ministre, qui critique ici le financement du le revenu universel proposé par Benoît Hamon, en profite pour piquer le slogan d'Arnaud Montebourg, qui se présentait avant le premier tour comme le «candidat de la fiche de paie».
    5. Benoît Hamon: «Chaque fois qu'un dogme, c'est imposer ses convictions aux autres, je le combats. La laïcité peut être utilisée comme un glaive contre nos compatriotes musulmans.» Le candidat de l'aile gauche exprime ici ses divergences de vue avec Manuel Valls sur la laïcité, notamment sur la question du voile, que l'ancien premier ministre considère comme un «asservissement».
    6. Benoît Hamon: «J'ai voté contre la déchéance, j'aurais voté contre la loi travail si tu n'avais pas utilisé le 49-3» Une attaque évidente contre le 49-3 utilisé par Manuel Valls sur la loi El Khomri, que Benoît Hamon a combattu.
    7. Manuel Valls: «J'ai toujours respecté des règles, ça n'a pas toujours été le cas de Benoît ces dernières années.»La pique finale de Manuel Valls à l'encontre de Benoît Hamon.
    8. Benoît Hamon: «Respecter les règles c'est commencer par respecter les programmes sur lesquels on a été élu». La réplique immédiate du candidat de l'aile gauche.
  • Primaire de la gauche : comment les chiffres du scrutin ont été manipulés

    in : LE MONDE | 23.01.2017 à 16h02 • Mis à jour le 23.01.2017 à 17h55 | Par Samuel Laurent

    Le Parti socialiste se perd en explications sur le taux de participation. Quelques calculs simples prouvent bien qu’il y a eu une manipulation de ce chiffre.

    28%C’est le chiffre magique qui montre bien comment la haute autorité de la primaire a manipulé le nombre de participants du premier tour, dimanche 22 janvier. Il est assez facile à établir :

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    On le voit, les pourcentages restent quasi identiques (à 0,1 point près pour Sylvia Pinel), mais le nombre de voix n’est plus le même : précisément, il y en 352 013 de plus.

    Un ajout de 28 % pour chaque candidat :

    Comment est-il possible d’augmenter le nombre de voix sans modifier la répartition de celles-ci ? C’est toute la question. Nous avons calculé rapidement combien chaque candidat a gagné de voix :

    A.jpg

    Voici une capture d’écran des résultats tels qu’ils apparaissaient sur le site de la primaire lundi à 0 h 45 :

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    En clair, les 352 013 voix ont été réparties à quasi-égalité (à quelques décimales près) entre tous les candidats, ne modifiant donc qu’à l’extrême marge les résultats constatés à 21 heures. Ce qui serait sinon impossible, du moins très fortement improbable, naturellement.

    Alors d’où vient le problème ? Christophe Borgel, président du comité d’organisation de la primaire, interrogé par Libération, parle d’un « bug » :

    « Il y a eu un bug, rien de plus. Et c’est un peu de ma faute. Il y avait beaucoup de pression autour du niveau de participation. J’ai demandé à ce que les résultats soient actualisés au plus vite. Et, effectivement, on a appliqué au nouveau total de votants les pourcentages de la veille. »

    Selon l’explication de M. Borgel, les organisateurs se sont donc contentés de prendre le nouveau score de votants avec les 352 013 voix supplémentaires, de calculer que cela représentait une progression de 28 %, et donc de donner à chaque candidat 28% de voix en plus. Ce qui revient à reconnaître que ces chiffres ont bien été manipulés.

     

    Gonflage de chiffres, hasard statistique, ou incompétence ?

    Mais cette explication peut-elle suffire ? En réalité, il y a trois possibilités :

    Première hypothèse : les voix ont été décomptées, et par un miracle statistique de l’ordre d’une chance sur mille, elles se sont réparties presque exactement comme les précédentes en ne modifiant en rien les scores de chacun. Peu probable.

    Deuxième hypothèse, fermement démentie par M. Borgel : ces voix n’existent pas, c’est un ajout artificiel pour gonfler la participation. Mais pourquoi l’avoir fait entre minuit et 10 heures du matin, alors que l’attention médiatique n’était plus dans les chiffres de participation mais sur le résultat ?

    Troisième hypothèse : le Parti socialiste (PS) a donc ajouté 352 013 voix entre minuit et 10 heures du matin, c’est établi. Mais ces voix existent-elles réellement ? Si oui, cela signifie qu’à minuit le PS n’avait à sa disposition qu’un total de voix, sans leur répartition, et qu’il restait donc 352 013 bulletins non dépouillés. Ce qui n’aurait toujours pas été fait, puisque les chiffres n’ont pas varié depuis ce matin.

    C’est l’hypothèse qu’invoque M. Borgel auprès du Monde. Il assure que, lundi matin, il a demandé une actualisation du seul chiffre de participation, mais qu’en ajoutant celui-ci, le tableau a automatiquement donné nos fameux 28 % supplémentaires à chaque candidat.

    Si on croit la parole de M. Borgel, qui plaide sa « totale transparence », la haute autorité aurait donc communiqué à minuit une répartition provisoire des voix par candidat, puis aurait commis une erreur en « actualisant » le seul chiffre de participation, ce qui aurait automatiquement ajouté des voix (en même proportion) aux candidats. Ce nombre de voix erroné serait ensuite resté en ligne toute la journée sur le site de résultats de la primaire, sans que rien ne soit fait pour – par exemple – mettre la page hors ligne, ou y ajouter un message prévenant que ces chiffres sont faux.

    Une réponse insuffisante

    Ce qui pose d’autres questions : d’une part, cela signifie que la tableur utilisé par le PS avait une formule pour répartir automatiquement un nombre total de votants par candidat en fonction du score (en pourcentage) de ceux-ci. Mais la logique voudrait l’inverse : que ce score en pourcentage soit le résultat du calcul. Or dans ce qu’explique M. Borgel, les résultats en voix sont fonction des résultats en pourcentages.

    Ensuite, dans ce cas, pourquoi ne pas avoir corrigé ces chiffres, en ligne depuis plusieurs heures ? M. Borgel assure qu’il attend désormais « d’avoir le maximum de bureaux validés pour ne pas repartir dans une nouvelle polémique », et refuse de communiquer les chiffres en nombre de voix avant que ceux-ci soient validés – alors que le site des résultats affiche bien des nombres de voix non validés depuis hier soir.

    Surtout, comme l’explique Libération, des corrections ont eu lieu à la marge pour modifier à plusieurs reprises le score de Sylvia Pinel, et ce durant la journée. Il aurait été possible de modifier les scores de cette dernière, mais pas la page ?

    Reste que près de vingt-quatre heures après le vote, impossible de connaître le score de chacun des candidats en nombre de voix, ni même, de fait, leur score définitif. Ce qui ouvre la voie à tous les soupçons.

  • Mélenchon et le PCF s'écharpent sur les législatives

    Pour l'heure, à trois mois des élections législatives, chaque camp - le Parti communiste d'un côté, la France insoumise de l'autre - avance séparément. Les deux formations se retrouvent pour en discuter le 23 janvier.

    Ça risque d'être le prochain point de friction entre Jean-Luc Mélenchon et les communistes. Car s'ils ont finalement décidé de soutenir le candidat de la France insoumise à l'élection présidentielle, ces derniers ne comptent pas se ranger derrière lui pour les législatives de juin prochain. Lundi, deux jours après un conseil national du PCF, Pierre Laurent a tenu une conférence de presse pour présenter une première salve de 253 investitures communistes.

    "Il y a toute une série d'endroits où nous avons pris contact localement (avec la France insoumise) et où nous nous heurtons à des portes qui sont plutôt fermées", a regretté le secrétaire national du PCF lundi. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon a effectivement affirmé sa volonté d'être présent dans les 577 circonscriptions.

    "Face à des sortants communistes, on ne voit pas pourquoi il y aurait un candidat de la France insoumise"

    Si aucun arrangement n'est trouvé, de nombreux bastions traditionnels du Parti communiste seront disputés par des candidats investis par la France insoumise. C'est le cas notamment de la circonscription d'André Chassaigne, chef de file des députés Front de Gauche. L'élu du Puy-de-Dôme n'était pas favorable au soutien du PCF à Jean-Luc Mélenchon et s'était dit "prêt" à être candidat à la présidentielle. Idem pour celle de Nicolas Sansu dans le Cher. "Face à des députés communistes sortant qui appellent à voter Jean-Luc Mélenchon, on ne voit pas pourquoi il y aurait un candidat de la France insoumise", avait déjà déclaré Pierre Laurent la semaine dernière. "Ou alors, il faut accepter tous ensemble de se tirer une balle dans le pied!", ajoutait-il. "Notre effort prioritaire portera évidemment sur ces circonscriptions pour éviter la concurrence inutile de candidatures de la France insoumise", a complété Pierre Laurent lundi.

    Du côté de la France insoumise, le porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, Alexis Corbière, est lui annoncé à Montreuil, circonscription perdue en 2012 mais "gagnable" selon le PCF. Une rencontre entre le Parti communiste et la France insoumise est prévue le lundi 23 janvier.

    La "charte" du candidat Mélenchon

    Au coeur de la discorde : la "charte du candidat" imposée par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon et censée garantir l'identification graphique avec un "label" France insoumise obligatoire ; et le rattachement financier au mouvement. L'objectif est d'aboutir à un décompte national unique des voix, contrairement à ce qui a pu arriver aux dernières élections intermédiaires. Mais au-delà, la charte impose aussi par exemple la "discipline de vote" au sein du futur groupe parlementaire.

     

    "Nous ne signerons pas cette charte", a répété plusieurs fois Pierre Laurent, refusant toute "logique de fusion". "Ce n'est pas tout noir tout blanc, c'est une construction. Mais en l'état actuel des choses, avec le cadre proposé, ce n'est pas possible", a confirmé Fabien Roussel, secrétaire fédéral du PCF dans le Nord, où trois députés communistes sortant se représentent. Il déplore le risque pour le PCF de ne pas récupérer les financements publics s'il ne se présente pas en son nom. "Pour l'instant, on a une fin de non-recevoir mais peut-être qu'ils se détendront", temporise-t-il, espérant qu'il "sera encore temps de siffler la fin de la récré" après la présidentielle.

    Les communistes "veulent se mettre autour d'une table, à l'ancienne"

    De son côté, le directeur de campagne de Mélenchon, Manuel Bompard, préfère temporiser. "On n'est pas encore à la fin, on va voir s'il y a des discussions et si oui, dans quels termes", explique-t-il à l'AFP. Selon lui, "des communistes ont signé la charte" et figurent parmi les 120 premiers investis de la France insoumise. Combien? "Une dizaine", concède-t-il. Plus virulente, Leïla Chaïbi, coordinatrice de "l'espace politique de la France insoumise", regrette une attitude "suicidaire". Les communistes "veulent se mettre autour d'une table, à l'ancienne, et négocier des accords en se partageant le gâteau". L'argument financier ne tient pas, déconstruit-elle, puisque "chaque candidat indique à quelle organisation il veut reverser l'argent. Il n'y aura pas un centime de perdu pour les communistes". Il reste quelques semaines aux deux formations pour tenter de trouver un accord.

     

     À partir des objectifs du mouvement de la France insoumise, de la synthèse de la cogitation insoumise de la Convention de Lille sur les élections législatives et des contributions des différents espaces de la campagne, une charte pour les candidats investis par la France insoumise a été élaborée. Elle est consultable ci-dessous.

     Charte des candidat.e.s de la France insoumise

    POUR LES CANDIDATS INVESTIS PAR LA FRANCE INSOUMISE AUX ELECTIONS LEGISLATIVES DE 2017

     Avec l'inversion du calendrier électoral, les élections législatives sont plus que jamais liées à l'élection présidentielle. Il n'y a pas 577 élections ayant chacune sa propre dynamique et sa propre stratégie électorale. Cela a été méconnu parfois dans le passé. Nous ne devons pas recommencer cette erreur.

     Nous devons donc construire notre campagne législative en cohérence totale avec la campagne présidentielle et pour cela avoir des candidats investis par la France insoumise dans toutes les circonscriptions, c’est à dire qui s’engagent à respecter la présente charte.

     Notre but est d’avoir une majorité à l’assemblée en cas d’élection à la présidence afin d’appliquer le programme pour lequel le peuple nous aura donné mandat. Et, dans tous les cas, d’avoir le plus possible de député-e-s pour mener la bataille pour nos idées dans l’hémicycle et dans la société.

     Dans notre vision de la révolution citoyenne que doit accomplir notre pays, le groupe des députés doit être entièrement au service de la mobilisation du peuple, l’éclairer, l’accompagner, la nourrir, porter sa parole dans l’hémicycle et par les votes. Il ne peut donc évidemment s’agir d’un groupe de député-e-s agissant selon leurs seuls choix personnels, ne rendant de compte à personne et ne respectant aucune discipline d’action collective. Nous refusons là aussi les tares de la 5ème République.

     De cette orientation générale nous tirons les leçons suivantes qui constituent la Charte à laquelle doit souscrire chaque homme et chaque femme candidat-e en notre nom.

     Celles et ceux qui accepteront cette investiture s'engagent à : soutenir Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle ; faire campagne sur le même programme national : « L’avenir en commun » ; se rattacher à l'étiquette politique « La France insoumise » lors du dépôt de candidature afin de participer à la totalisation des voix au niveau national ; se rattacher à l'association de financement « La France insoumise » lors du dépôt de candidature, ce qui inclut la possibilité d'accords de reversement entre cette association de financement et les candidats ou le groupement politique particulier qu’ils désigneront pour la première comme pour la seconde fraction du financement public, ; le sigle et l’intitulé national de campagne de France Insoumise, en respectant leur charte graphique, seront intégrés dans le matériel de propagande R39 (affiche officielle, circulaire électorale, bulletin de vote) ; siéger au sein du groupe qui sera constitué pour construire une coopération politique entre les députés de France Insoumise ou le mouvement auquel elle aura contribué à donner naissance si telle est la décision que nous prenons collectivement à l'issue des élections ; élire le/la présidente et le bureau du groupe ainsi constitué ; respecter la discipline de vote du groupe lorsqu’une décision collective a été prise conformément au programme l'Avenir en commun ; assumer au nom du groupe au moins deux réunions publiques par an hors de sa circonscription à l’invitation des groupes locaux issus de la France insoumise ; construire une coopération politique entre les député-es et le mouvement France insoumise, quelle que soit la forme que les signataires lui auront donné alors, afin d'examiner ensemble les projets de loi les plus importants,s'accorder sur les propositions à porter aux débats de l'assemblée nationale et le consulter pour chaque vote important et notamment celui du budget de l’Etat et de la sécurité sociale.

     Par ailleurs, dans ce moment de défiance totale vis-à-vis des élus, les député-es de la France insoumise devront avoir un comportement exemplaire. Pour cela, les candidates et candidats s’engagent à :

     

    • signer la charte de l’association indépendante ANTICOR
    • renoncer à leur mandat local en cas d'élection comme député-e afin de respecter le principe de non cumul et se consacrer pleinement à leur mandat ;
    • n’accepter au cours de leur mandat aucun don, cadeau ou prêt, de nature à les influencer pour favoriser les intérêts d’une personne privée ou d’une personne morale et dénoncer publiquement toute tentative de corruption avérée ;
    • lutter contre toutes les dépenses somptuaires et contre tout ce qui serait un privilège en inadéquation avec la stricte fonction représentative de l’élu ;
    • respecter les procédures de transparence proposées par la France insoumise, notamment concernant la réserve parlementaire si celle-ci n'est pas supprimée ;
    • déposer et défendre une proposition de loi afin de réintégrer le régime de retraite des députés au sein du régime national de la sécurité sociale ;
    • poursuivre tout au long du mandat le travail d’échanges avec les associations, syndicats, réseaux ou collectifs rencontrés au cours de la campagne.
    • Publier un compte rendu de mandat régulier

     Les candidates et candidats doivent être à l'image des valeurs que porte la France insoumise. Ils doivent aussi représenter les classes populaires aujourd'hui exclues du champ de la représentation politique.

    C'est pourquoi les syndicalistes, les lanceurs d'alerte, les militants associatifs, les chercheurs et intellectuels engagés, les féministes, les écologistes, les paysans, les militants des quartiers populaires sont invités à se porter candidats.

    Des assemblées citoyennes de circonscriptions formées pour l'occasion identifieront un vivier des candidats les plus pertinents. Au besoin un travail pourra avoir lieu ponctuellement au niveau départemental pour faciliter le « repérage », la sollicitation et la répartition des candidat-e-s.

    Un comité électoral national représentatif de ce qu’est la campagne de France Insoumise, donc incluant aussi des représentants de toutes les forces y participant, travaillera en lien avec ces assemblées. Il veillera à la répartition des candidat-e-s sur le territoire et à faire respecter, notamment, une stricte parité des candidatures et la diversité sociale du pays et la diversité politique des signataires de la France Insoumise.

  • Christophe Bejach, fondateur de Terra Nova, condamné pour pédophilie et pédopornographie

    L’homme d’affaires a été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour tentative d’abus sexuels sur mineurs et détention d’images pédopornographiques…

    Christophe Bejach, membre fondateur du think tank Terra Nova et ancien conseiller d’Arnaud Montebourg au ministère du Redressement productif vient d’être condamné pour pédopornographie  en Grande-Bretagne, révèle le Daily Mail.

    L’homme d’affaires français a été condamné à neuf mois de prison avec sursis pour tentative d’abus sexuels sur mineurs et détention d’images pédopornographiques. Il s’est fait arrêter à Londres alors qu’il tentait d’organiser des séances photo en lingerie avec trois fillettes de 8, 10 et 12 ans. Christophe Bejach s’est fait démasquer par une policière qui s’était fait passer pour la mère des trois jeunes filles, et à qui il avait décrit « ses fantasmes sexuels ». Selon le site Court News UK, une soixantaine d’images pédophiles auraient été retrouvées dans son ordinateur.

    Le tribunal londonien lui a également infligé 100 jours de traitement médical et 117.210 euros d’amende. Son nom a également été inscrit pour dix ans au fichier des délinquants sexuels.

    In « 20 minutews » - 6 Janvier 2017

     

    Selon le site Court News UK, 60 images pédophiles, incluant des photographies de pénétration, ont été retrouvées dans l'ordinateur de Christophe Bejach.

    In « Le Lab d’Europe 1 » - 5 Janvier 2017

  • Vincent Peillon accusé de devoir 20.000 euros au PS

    in "Le Figaro" - Arthur Berdah Publié

     

    Épinglé pour n'avoir pas payé sa quote-part d'eurodéputé ni sa cotisation depuis plus de trois ans, le candidat à la primaire à gauche pourrait être disqualifié d'office s'il ne rembourse pas ses dettes avant le 15 décembre.

    Sitôt sa candidature annoncée, sitôt viennent les premiers obstacles. Vincent Peillon, qui a surpris tout le monde en se lançant dans la primaire à gauche après plus de deux ans de retrait, pourrait finalement être empêché de concourir. En cause, le fait qu'il n'aurait, selon Le Canard enchaîné, pas payé sa quote-part d'eurodéputé ni sa cotisation au Parti socialiste depuis plus de trois ans. Soit une dette d'environ 20.000 euros... qui entraîne sa démission automatique du parti.

    Interrogé mardi soir en marge d'une réunion de ses soutiens à la Gaîté lyrique (IIIe), l'ancien ministre de l'Éducation nationale n'a pas démenti l'information. Au contraire, il a même promis de rectifier le tir au plus vite. «Il y a plus de 20 ans que je suis au PS. S'il y a des cotisations à mettre à jour, je les mettrai à jour avant le vote - et le dépôt des candidatures c'est jeudi -, je le ferai avec plaisir. (...) Cette question va être réglée, vous allez voir, dans les 24 heures», a-t-il assuré à LCI.

    Toutefois, il a laissé entendre que cette fuite pourrait avoir été téléguidée par ses adversaires pour le disqualifier. «Je veux un beau débat d'idées, pas un échange de boules-puantes. Donc si certains sont un peu nerveux... (...) Vraiment j'appelle chacun - je le fais depuis un moment - à faire un débat d'idées, et j'aimerais qu'on fasse attention, surtout qu'on est devant les Français, à pas faire ce genre de choses. C'est pas exactement au niveau d'une présidentielle», a-t-il jugé.

    Assurant qu'il n'y avait selon lui «aucune difficulté», il a finalement ajouté: «Je veux vraiment dire à chacun “faites attention”, parce que ça juge plutôt ceux qui emploient ce genre d'arguments. On va avoir un beau débat d'idées, je suis au Parti socialiste depuis plus de 20 ans, j'en ai été un dirigeant pendant 20 ans, j'ai été... Bon, voilà, donc, euh... Vraiment, je souhaite qu'on passe à autre chose. (...) Mais c'est déjà un petit peu dommage d'avoir fait ça», a-t-il enfin glissé.

    Selon RTL, Vincent Peillon suspecterait l'entourage de Manuel Valls d'être à l'origine de ces révélations après que l'une de ses soutiens, la secrétaire d'État aux Personnes âgées Pascale Boistard, aurait elle-même évoqué cette ardoise en Conseil des ministres. Pourtant, interrogée en marge de la réunion des soutiens de Manuel Valls qui se tenait mardi soir à la Maison de la Chimie (VIIIe), celle-ci a botté en touche: «Ah ben ça, faut interroger le premier fédéral de la Somme».

  • Comment Hollande a tué la recherche

    François Hollande avait-il promis, en 2012, d’améliorer le financement de la recherche publique et des universités ? Oui. Dans son discours du Biopole de Nancy, le 5 mars 2012 (que j’avais publié dans son intégralité sur le blog {Sciences²}  alors tenu sur le site Web de Libération. Un discours annoncé à tous les acteurs de la recherche et de l’université par Vincent Peillon comme celui qui allait exposer clairement les ambitions et le programme de François Hollande dans ce domaine. Il y fustigeait la politique de Nicolas Sarkozy : «En dix ans, en intensité de recherche nous sommes passés de la 4e à la 15e place des pays de l’OCDE. Pour un pays qui ne cesse de parler d’excellence, ce n’est pas concluant ! La recherche publique civile, contrairement à ce qui peut se dire, est en forte baisse : les organismes de recherche, l’Agence nationale de la recherche elle-même voient leurs crédits baisser dans des proportions importantes. Pour cette année, 12 % de baisse pour le CNRS et 15 % de baisse pour l’ANR. » Et d’annoncer une politique à l’opposé.

    L’a t-il fait ? Non. Qui le dit ? Bercy, bien sûr, avec ses chiffres. Les opposants de gauche à sa politique. OK. Quelques journalistes. Certains font leur travail. Mais si vous avez un doute sur ces appréciations en raison de leurs origines, faites simple. Il suffit de vous tourner vers les partisans de la politique de François Hollande, dès lors qu’ils se trouvent en situation d’avouer une vérité qui ne leur plait pas.

    Le cri du cœur du sénateur

    Le cri du cœur provient donc d’un sénateur, fidèle soutien du président, Michel Berson. Sénateur de l’Essonne. Impliqué dans les travaux parlementaires sur le budget de la recherche. Connaisseur du sujet en raison son implantation à Orsay et Saclay où se trouvent l’université Paris-Sud, le CEA, de multiples grandes écoles d’ingénieurs, le synchrotron national Soleil, etc. Membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), Michel Berson participait donc à sa longue audition sur la stratégie nationale de la recherche, tenue jeudi 8 décembre, salle Lamartine à l’Assemblée Nationale. J’ai déjà fait référence à cette audition dans une note précédente soulignant l’hypocrisie des propos du secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche, Thierry Mandon au sujet des personnels et en particulier des jeunes précaires virés des laboratoires en masse depuis cinq ans.

    de réunion, les langues se délient un peu. Après qu’un participant, un peu horrifié de ce qu’il disait demande à la cantonade « il n’y a pas de journalistes au moins ? », Michel Berson fit cette proposition formidable. « L’Allemagne est à 3 % de son PIB pour la recherche, la France se traîne toujours à 2,3 % depuis 2000 dont 0,8 % pour la recherche publique. Pour rattraper l’Allemagne, avec une recherche publique à 1 % du PIB, il faut une loi pluriannuelle de programmation d’une augmentation de 1 milliard chaque année de notre budget consacré à la recherche publique durant cinq ans. »

    Assis derrière moi, un physicien dont je tairai le nom, qui occupa un poste important au synchrotron national Soleil, ne tint plus. Et explosa de colère : « Mais pourquoi ne pas l’avoir fait depuis cinq ans, avec la gauche majoritaire à l’Assemblée et le proposer maintenant alors qu’elle pourrait bien ne plus l’être en 2017 ! » Curieusement, cette proposition recoupe d’assez près une revendication portée depuis le début du quinquennat par diverses organisations syndicales  (SNCS-FSU, Snesup-FSU, SNTRS-CGT) et par des mouvements comme Sciences en marche, Sauvons la recherche ou Sauvons l’université.

    Le cri du cœur du directeur général de Paris-Saclay

    Michel Berson n’est pas le seul à manger le morceau, lors de cette réunion très peu suivie par la presse. En voici un autre, Claude Chappert, qui jouit de la confiance du gouvernement puisqu’il l’a récemment mis aux manettes de l’opération Paris-Saclay. Ce directeur général de la Fondation de coopération scientifique censée mettre en place le futur campus Paris-Saclay, rien moins que la plus grande concentration de chercheurs du pays, a toutefois un défaut pour le gouvernement.

    Claude Chappert, passé par l’activité de chercheur, titulaire d’une médaille d’argent du CNRS pour ses travaux en micro-électronique, ne sait pas s’en tenir à la langue de bois des hauts fonctionnaires (dé)formés à l’ENA. En fin de réunion, il a lui aussi son cri du cœur : «les taux de succès à l’ANR se sont écroulés… mais les crédits récurrents aussi !», pour indiquer à quel point les laboratoires sont en peine. Et pourtant, il parle du nec plus ultra de la recherche française, connectée aux enjeux industriels et l’emploi de demain. Le graphique ci-dessus montre l’écroulement des taux de succès des projets des chercheurs en réponse aux appels d’offre de  l’ANR. Il s’arrête en 2012, mais depuis la situation s’est encore dégradée. En 2014, le taux de succès de l’appel d’offres principal de l’ANR avait chuté à 8,5 % ! En 2015, malgré la diminution forte du nombre de projets proposés, tant le découragement fait rage dans les labos, le taux est resté inférieur à 10 %. Une catastrophe, entraînant une véritable crise dans le système de l’ANR, avec démissions en cascade de chercheurs membres des comités d’évaluation, ulcérés de se voir mêlé à une sorte de « mascarade », une « loterie » dénuée de valeur scientifique.

    Sciences en marche livrait en 2014 ce petit calcul pour le seul CNRS afin de quantifier la perte des moyens des laboratoires sur la durée. En 2004, la dotation aux laboratoires était de 194 M€ en euros constants valeur 2013 contre 145,2 M€ en 2014. Cette perte de 26 % est une estimation minimale, car entre les deux dates, de nombreuses charges d’infrastructure (entretien des bâtiments, électricité, eau) ont été portées aux budgets des laboratoires, alors qu’elles étaient financées par ailleurs en 2004. Il est intéressant de comparer cette perte aux frais de gestion de l’ANR en 2015, près de 33 millions d’euros en 2014, alors que le travail de cette structure – la répartition des crédits – était auparavant réalisé par les organismes de recherche, les universités ou les services ministériels sans que cela coûte un sou de plus que leurs budgets normaux.

    Coupes budgétaires à répétition

    Geneviève Fioraso et Thierry Mandon ont longtemps cherché à masquer le reniement de François Hollande sur les budgets de la recherche et des universités. En annonçant chaque année des augmentations mirobolantes de crédits.  Sauf que la pratique consistant à voter des crédits en loi de finances initiale (LFI) puis à les sabrer en cours d’année a perduré. En témoigne l’analyse de l’exécution du budget 2014 dans un rapport parlementaire démontrant la disparition de près d’un milliard entre la LFI et la réalité budgétaire. Dans ce rapport (de Michel Berson et Philippe Adnot), il est précisé que la perte pour le budget strict de la recherche publique équivaut à 6 % de son total.

    Même pratique pour les postes d’universitaires annoncés en hausse chaque année. Mais ces créations de poste n’ont même pas suivi l’augmentation des effectifs étudiants. Quant aux postes annoncés, le tarif d’évaporation en cours d’année fait plus que doubler celui des crédits de recherche : le rapport Adnot-Berson estime que 15 % des postes annoncés par le ministère ne sont pas créés, car les universités, devenues autonomes au plan budgétaire, n’ont pas les crédits pour les salaires correspondants. Dans son discours de Nancy, François Hollande s’élevait contre cette pratique de Nicolas Sarkozy – ne pas compenser le transfert de charges du ministère aux universités – aboutissant à l’asphyxie financière des universités et « le gel de nombreux postes ». Un processus aggravé par la vaste réorganisation des universités (autonomie budgétaire, fusions, Comue, IDEX…) qui a donné lieu à la création de postes administratifs et d’équipes présidentielles dont le nombre et les salaires en augmentation très rapide et parfois très loin des standards universitaires ont grevé les budgets.

    Le bilan de François Hollande pour les moyens accordés à la recherche et aux universités est donc net. Non, il n’a pas tenu les promesses de 2012. Et le refus de l’admettre pèse sur la sincérité du débat politique pour les prochaines élections.

  • Comment la sénatrice Samia Ghali a fait régulariser sa piscine

    Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire concernant la sénatrice PS de Marseille. Il s’intéresse notamment aux conditions d’achat de sa villa marseillaise. Parmi les étrangetés du dossier, une piscine construite illégalement et promise à la destruction, qui a miraculeusement été sauvée. La cour d’appel d’Aix-en-Provence, qui avait ordonné sa démolition, se penche à nouveau sur ce dossier ce mardi. Enquête en partenariat avec Mediapart.

     

    Mardi 6 décembre, la cour d’appel d’Aix-en-Provence examine la requête de l’ex propriétaire d’une piscine construite illégalement dans un espace boisé classé sur les hauteurs bourgeoises du Roucas Blanc, à Marseille. Une affaire d’urbanisme classique si les nouveaux propriétaires n’étaient pas la sénatrice socialiste Samia Ghali et son époux.

     

    Le couple est visé par une enquête préliminaire du parquet national financier, comme l’a révélé le journaliste Xavier Monnier dans son livre Les Nouveaux parrains de Marseille. Celle-ci a été ouverte en mai 2016 pour détournements de fonds publics, corruption, favoritisme et blanchiment suite à la réception d’un courrier anonyme. Les enquêteurs de l’office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) saisis en septembre dernier s’intéressent notamment à la constitution en quelques années d’un patrimoine immobilier évalué à plus d’1,7 million d’euros par Samia Ghali, maire des 15e et 16e arrondissements, et de son époux Franck Dumontel, ex-directeur de cabinet à la région PACA puis à la communauté urbaine de Marseille.

     

    Dans leur viseur revient évidemment la villa du Roucas Blanc qu’ils ont acquise le 12 mars 2010 pour 1,3 million d’euros. Cet achat comporte quelques étrangetés dans son montage financier. Le vendeur, un garagiste marseillais, se montre très arrangeant avec les acheteurs. Il accepte sans sourciller un échange de maison avec le mari de Samia Ghali, propriétaire d’une villa évaluée à 400 000 euros à Carnoux-en-Provence, une commune de l’arrière-pays marseillais. Il consent aussi aux acquéreurs un prêt sans intérêts de 350 000 euros sur huit ans pour boucler la vente.

     

    DE GROSSES ASTREINTES

    Il faut dire que le retraité a sur le dos une décision de justice gênante qui peut le pousser à se séparer rapidement de son bien situé sur la colline qui fait face à Notre-Dame de la Garde. La piscine qu’il a fait construire à la fin des années 1990 a fait l’objet d’un arrêt de la cour d’appel ordonnant sa démolition le 15 novembre 2005. L’arrêt précise que la piscine « de 14,40 mètres de long par 10,10 mètres de large » a été réalisée « sans demande ni autorisation d’urbanisme » et est « entièrement implantée dans l’espace boisé classé ».  Il n’applique pas cette décision, malgré une astreinte de 75 euros par jour. Une première fois, en 2007, celle-ci est levée pour la somme de 10 575 euros. Trois ans plus tard, une nouvelle facture de près de 80 000 euros lui pend encore au nez. Sa piscine commence vraiment à lui coûter cher, mais c’est le prix de l’illégalité.

     

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    En vendant sa villa, il stoppe le compteur de l’astreinte. Dans l’acte notarié de cession au couple Dumontel-Ghali, le garagiste déclare qu’il n’est « pas en mesure de fournir de certificat de conformité de la construction vendue ». L’acte spécifie : « L’acquéreur, parfaitement informé de cette situation, déclare vouloir en faire son affaire personnelle sans recours contre quiconque. » En clair, Samia Ghali et son mari devront désormais appliquer le jugement de la cour d’appel sous peine de devoir à leur tour s’acquitter de l’astreinte.

     

    Ce sont les agents de la Ville de Marseille qui, au cours d’une inspection le 22 mars 2001, ont découvert l’ouvrage et constaté sur procès-verbal sa réalisation sans permis de construire comme son installation dans un espace boisé classé du plan local d’urbanisme. L’infraction est suffisamment caractérisée pour que l’affaire soit portée devant la justice et mène à l’arrêt de la cour d’appel. C’est encore la Ville qui décide de « liquider l’astreinte » (la solder) en 2007, faisant ainsi preuve de sa volonté de ne pas laisser le propriétaire de la villa enfreindre impunément le droit de l’urbanisme.

     

    L’ARRANGEMENT AVEC LA MAIRIE

    Mais à partir de la vente de 2010, la donne va radicalement changer. Les nouveaux propriétaires ne veulent ni détruire la charmante baignoire ni payer l’astreinte. « Comme beaucoup de gens, Samia Ghali est venue me voir avant la vente pour régulariser la situation, nous avait expliqué en décembre 2014 Claude Valette, ancien adjoint à l’urbanisme de Jean-Claude Gaudin (LR). Elle m’avait expliqué que détruire la piscine pourrait fragiliser la maison. Je lui avais alors dit qu’elle n’avait qu’à la remplir de terre et mettre des petites fleurs dessus. Elle a eu ce compromis. Après, elle l’a fait, elle l’a pas fait, personne n’est allé vérifier. » Recontacté, Claude Valette ne nous a pas rappelé, sa successeure, Laure-Agnès Caradec non plus.

     

    Alors que l’ancien propriétaire conteste encore certaines des astreintes qui lui incombent, le couple Ghali-Dumontel dépose, selon la préfecture des Bouches-du-Rhône qui supervise désormais les questions d’astreinte, un recours devant la cour d’appel mettant en avant le même argument. Il demande « la suspension de l’exécution de l’arrêt de la cour, au motif que la démolition des ouvrages pourrait entraîner des risques pour la sécurité des propriétés voisines et la bâtisse principale, en s’appuyant sur un rapport d’expert ».

     

    « JE NE POUVAIS PAS DÉMOLIR LA PISCINE », ARGUE GHALI

    Contactée, Samia Ghali argue d’une expertise qu’elle refuse de nous communiquer. « Je comptais démolir tout de suite quand j’ai acheté, mais nous avons fait une expertise et l’expert m’a dit que je ne pouvais pas démolir la piscine sans mettre en danger le versant de la colline, explique l’élue socialiste. J’ai écrit à la Cour d’appel d’Aix-en-Provence et à la mairie, moi je ne prends pas la responsabilité de faire tomber la maison et une colline. Ensuite on a fait une modification du PLU, comme pour tout le monde, j’ai demandé à ce qu’on me régularise. »

     

    Après le changement de propriétaire, la Ville de Marseille a en effet profité d’une révision du plan local d’urbanisme (PLU) en 2013 pour « régulariser » la piscine de la sénatrice. L’étroit terrain occupé par la piscine est sorti de l’espace boisé classé qui le rendait inconstructible. La communauté urbaine, dont Samia Ghali est alors vice-présidente à l’habitat, approuve cette révision du PLU le 28 juin 2013. Le couple peut alors sereinement déposer une déclaration préalable de travaux pour la construction d’une piscine, déjà existante. En ne s’y opposant pas, la mairie de Marseille régularise la piscine du couple Ghali-Dumontel au début de l’été 2014.

     

    À entendre Samia Ghali, ce type d’intervention serait courante à Marseille et aucune faveur ne lui a été accordée par la Ville. « C’est à ça que servent les révisions de PLU, ils le font pour plein de gens, se défend la sénatrice. En régularisations, ce qu’on a fait sur les 15e et 16e arrondissements, je peux vous en sortir des tonnes ! Je n’ai pas été plus avantagée que n’importe qui. » Samia Ghali argue que ses voisins du Roucas-Blanc auraient également obtenu une modification du PLU rendant constructible une de leurs parcelles.

     

    Quant au financement de sa villa, Samia Ghali ne voit rien d’étrange ni dans l’échange de propriétés, ni dans le prêt à taux zéro gracieusement accordé par le vendeur. Selon elle, l’ancien propriétaire voulait se rapprocher de Carnoux pour des raisons familiales et comme il est « joueur, ça l’arrangeait d’avoir tous les mois un revenu ». « On paie comptant (l’emprunt, ndlr), par prélèvement automatique », dit l’élue. L’ancien propriétaire, aujourd’hui retraité, que nous avons cherché à joindre, n’a pas donné suite.

     

     

     

    AU PARQUET NATIONAL FINANCIER, UNE ENQUÊTE PLUS LARGE

    Outre le patrimoine de l’élue et son époux, l’enquête préliminaire du PNF porte également sur plusieurs affaires déjà dévoilées dans la presse et qui n’avaient jusqu’ici eu aucune suite judiciaire. Les enquêteurs de l’OCLCIFF s’intéressent ainsi aux subventions versées par la région Provence-Alpes-Côte d’Azur à deux cousins de la sénatrice lorsque cette dernière était vice-présidente du conseil régional déléguée aux sports, à la jeunesse et à la vie associative de 2004 à 2010.

    Sur cette période? 960 000 euros ont été versés par la région à l’association Omnisport hermitage Campagne-Levêque présidée par son cousin Abdelhafid Bahou, alors propriétaire d’un magasin d’équipement sportif (depuis mis en liquidation). Rencontré en 2013, Abdelhafid Bahou avait reconnu y avoir fourni son club grâce aux subventions régionales mais “à prix coûtant”. Un autre cousin, Azzedine Bahou, avait lui reçu 82 000 euros dès l’année de création de son association Algérie innovation en 2007. Dans un rapport de 2013 sur la région Paca, la chambre régionale des comptes épinglait cette subvention inhabituelle pour une association à peine créée. Elle relevait notamment que « les factures justifiant la subvention d’investissement concernaient des travaux au domicile du président [une maison sur le technopôle de Château-Gombert, NDLR], où l’association a son siège ». Quant à la subvention de fonctionnement, le compte-rendu d’activité de l’association « ne rend compte d’aucune action spécifique ».

    Est également examiné un marché public de la communauté d’agglomération du pays d’Aubagne et du pays de l’Étoile remporté en décembre 2012 par son époux Franck Dumontel, reconverti dans le conseil après son départ de la communauté urbaine. Sa société de conseil aux collectivités territoriales avait été la seule à candidater sur ce marché. Quelques mois plus tard Daniel Fontaine, le maire d’Aubagne (PCF) et vice-président de la communauté d’agglomération du pays d’Aubagne et de l’Étoile d’alors, avait annoncé que la sénatrice s’apprêtait à puiser 20 000 euros dans sa réserve parlementaire pour la future pelouse synthétique du stade d’Aubagne.

    Samia Ghali et Franck Dumontel sont sortis indemnes des précédentes enquêtes judiciaires ayant visé le PS dans les Bouches-du-Rhône. Tout juste le nom de l’ex vice-présidente de la région Paca avait-il été mentionné au détour d’un interrogatoire dans le cadre de l’affaire de détournements de fonds de la région Paca qui a abouti à la condamnation de la députée Sylvie Andrieux. « Elle a son propre circuit », avait lâché Rolland Balalas, l’ancien assistant parlementaire de Sylvie Andrieux. Le juge d’instruction en charge du dossier en était resté là. Franck Dumontel avait lui été mis en examen dans le cadre cette affaire, en tant qu’ex directeur de cabinet de Michel Vauzelle, avant de bénéficier d’un non-lieu en mai 2012. En février 2011, l’ex directeur de cabinet du président de la communauté urbaine avait été entendu été en garde à vue dans le cadre d’une des affaires Guérini, sans aucune suite.

    Jean-Marie Leforestier (Marsactu) et Louise Fessard (Mediapart)

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